LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

C’est l’idée avancée par la Fédération des Artisans

Après Romain Schmit mercredi, voilà que Roland Kuhn évoque aussi la possibilité de suspendre les congés collectifs d'été dans la construction cette année, dans le contexte du coronavirus. «Ils doivent exceptionnemment être annulés», a déclaré vendredi matin sur les ondes de RTL le président de la Fédération des Entrepreprises de Construction et de Génie civil et par ailleurs administrateur-délégué de Kuhn Construction. Tout comme le secrétaire général de la Fédération des Artisan, Roland Kuhn évoque les circonstances exceptionnelles du Covid-19 et la fermeture dès ce vendredi et pour une durée indéterminée de tous les chantiers en cours au Grand-Duché. 

Romain Schmit a évoqué mercredi au «Journal» étudier la piste d'abolir le congé collectif, prévu du 31 juillet au 23 août au Luxembourg. «En temps de crise, il faut prendre des mesures exceptionnelles», a insisté le responsable qui pointe que les entreprises vont se retrouver des mois sans aucune rentrée suite aux mesures de confinement. «Pour le moment, je pense plutôt à deux mois, je suis optimiste de nature», a-t-il ajouté.

Objectif: générer du chiffre d’affaires dès que possible

Son idée? Permettre aux entreprises de rester ouvertes l’été prochain pour générer un chiffre d’affaires, quitte à le faire avec des équipes réduites puisque certains ouvriers seront en vacances à l’étranger. «Au moins on réalise un début de commencement de chiffre d’affaires, au moins on peut sauver les entreprises», a ajouté Romain Schmit.
Le secteur de la construction emploie 47.445 salariés au Luxembourg selon le Statec. Cette mise à l’arrêt des chantiers, «c’est une mauvaise nouvelle», selon un maçon en poste au sein d’un grand promoteur immobilier au Luxembourg. Car le coronavirus n’efface pas les échéances des différents chantiers et le carnet de commande ne désemplit pas. En outre, les salariés devraient théoriquement se retrouver au chômage partiel, avec seulement 80% de leur salaire pris en charge par le Fonds pour l’emploi. «C’est un petit peu comme lorsqu’on est à l’arrêt pour cause d’intempéries», nous a confié l’un de ses collègues mercredi.

S'il y a encore quelques années le secteur de la construction se retrouvait à l'arrêt une bonne partie de l'hiver ainsi que durant le congé collectif estival, force est de constater qu'à l'époque, les carnets de commandes n’étaient pas aussi remplis qu’aujourd’hui.