PARIS
CATHERINE KURZAWA

Visite d’État en France: la délégation a visité Station F

Start-up ne veut pas forcément dire petit. Regardez Station F: sur 34.000 m², 3.000 postes de travail sont répartis dans ce bâtiment situé à deux pas de la Seine et à une encablure de Bercy. Il s’agit du plus grand campus de start-up au monde avec 1.000 jeunes pousses implantées.

Cette pépinière attire tout un écosystème: des fonds d’investissements désireux de les financer – dont certains sont basés au Luxembourg, a souligné mardi après-midi le créateur des lieux, l’entrepreneur français Xavier Niel. Ce dernier a présenté au couple grand-ducal, accompagné par Brigitte Macron, sa pépinière inaugurée l’an dernier.

«La finalité n’est pas de gagner de l’argent», a assuré le multimilliardaire qui a investi 250 millions d’euros dans cet immeuble. «Mais on cherche que le fonctionnement du lieu se couvre». Son idée est simple: que les entreprises restent dans l’incubateur pendant six mois. En cas d’échec, repartir à zéro et en cas de réussite, prendre leur envol.

«On vit dans un monde où devenir entrepreneur, c’est possible», a-t-il assuré à la délégation composée notamment de Michel Wurth et de Carlo Thelen. «Un des bons moyens de solder le problème du chômage, c’est de créer sa propre boîte», a ajouté l’entrepreneur.

Un vaste réseau

Des partenaires évoluent aussi dans cette fourmilière, comme Intech. Cette pépite luxembourgeoise basée à Kayl emploie 110 collaborateurs. Fondée en 1998, elle est désormais une filiale du groupe POST. Son activité? Le conseil et le développement d’applications.

Ponctuellement, son CEO Fabrice Croiseaux se rend à Station F. «On est positionné sur beaucoup d’applications», explique le Français au «Journal». «Nous voulons utiliser cette énergie pour contribuer au développement de projets à impact social».

Ainsi, il collabore dans un projet de reconnaissance du viol comme arme de guerre. Si le sujet semble éloigné des nouvelles technologies, celles-ci peuvent aider les autorités à traiter la problématique de manière plus efficace.

Au niveau du recueil des témoignages tout d’abord: «Parler à un objet est parfois plus facile qu’à une personne», explique l’entrepreneur qui précise qu’une application peut donc parfaitement répondre à cela. Ensuite, reste à présenter les éléments à la justice. L’intelligence artificielle aussi peut permettre d’accélérer les processus avec la détection de mots-clés par exemple.

«Nous voulons détecter comment marier des technologies a priori différentes mais au final complémentaires avec un impact social», résume Fabrice Croiseaux. Selon lui, la force de Station F réside dans sa capacité à «attirer des projets intéressants avec des entrepreneurs ouverts à la technologie».

Un aspect que la délégation a pu mesurer au cours d’une visite des lieux, toujours guidée par Xavier Niel. Ce dernier ne compte pas s’arrêter là et a entamé la construction d’un hôtel cinq étoiles voisin de la Station F, ainsi que d’une auberge de jeunesse afin de répondre aux demandes à la fois des investisseurs et des jeunes entrepreneurs. Enfin, il ambitionne de construire 600 logements à coûts modérés aux alentours. Il semble que la notion d’écosystème prenne ici tout son sens.