ELLANGE
CATHERINE KURZAWA

Les professionnels de la restauration pèsent 40% du chiffre d’affaires de Grosbusch

On peut dire que Goy Grosbusch est né dans un chou. Il représente - avec sa sœur Lynn - la 4ème génération de cette famille active dans la vente de fruits et légumes depuis plus d’un siècle. Au siège de l’entreprise, le trentenaire passe d’un bureau à une chambre froide sans greloter. Cet environnement si particulier, il connaît.

«Le seul spécialiste des fruits et légumes au Luxembourg, c’est nous», assure le directeur commercial de Grosbusch. Certes, il existe d’autres acteurs sur le marché, aussi bien établis dans la Grande-Région qu’au Grand-Duché, mais ce qui fait la spécificité de son entreprise, c’est sa concentration sur les fruits et les légumes, avec quelque 1.400 références.

En 2017, le grossiste a réalisé 50 millions d’euros de chiffre d’affaires dont 40% via la vente aux professionnels de la restauration. On retrouve là une clientèle variée qui va de la cuisine de collectivité au restaurant gastronomique.

Face à cette diversité, l’entreprise s’adapte: produits de niche voire d’exception pour les restaurants les plus raffinés, tandis que pour la cuisine de collectivité, le niveau des prix importe, face aux contraintes budgétaires. «Nous devons jongler entre une qualité minimale et un prix attractif», souligne Goy Grosbusch.

Le «made in Luxembourg» prisé

Qu’il s’agisse des cantines ou des restaurants, la demande porte de plus en plus sur des produits locaux. «La demande en produits luxembourgeois dépasse l’offre», pointe Goy Grosbusch. Il a bien essayé d’y répondre en cherchant de nouveaux fournisseurs mais au final, l’adage n’est-il pas qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même? «Nous avons planté 1.000 arbres fruitiers et plantes et dès la fin de cette année, nous récolterons notre première production luxembourgeoise», explique le sourire aux lèvres le responsable. Ce dernier table sur une collecte de 20 à 30 tonnes de fruits et légumes.

En attendant, les clients demandeurs de produits locaux peuvent toujours se rabattre sur les produits de la Grande-Région, également distribués par Grosbusch. Le grossiste travaille aussi de concert avec une série de fournisseurs plus lointains, qui fournissent notamment des agrumes estampillés du logo de l’entreprise luxembourgeoise.

De la serre à la ruche

Celle-ci se lance aussi sur de nouveaux axes de développement: des visites guidées des infrastructures à la culture en aquaponie dans une serre placée sur son toit, Grosbusch n’hésite pas à prendre racine ailleurs. D’ailleurs, trois ruches grouillent en ce moment d’activité sur le site du grossiste. «D’ici à la fin de l’année, nous devrions avoir notre première production de miel, qu’on espère pouvoir offrir à nos clients et prospects», explique Goy Grosbusch.

A côté de cela, la demande évolue aussi vers des produits labellisés «fairtrade» sans oublier le bio.«Avant, le bio c’était seulement les pommes de terre, les salades et les pommes. Aujourd’hui, nous avons plus de 400 références bio différentes», pointe le directeur commercial.

Pour lui, les professionnels de la restauration, «c’est une clientèle pour laquelle il faut être très attentif et à l’écoute», insiste Goy Grosbusch, conscient des problèmes de temps auxquels ils sont confrontés. Voilà pourquoi il revendique une approche sélective dans l’information des nouveautés. «On ne va pas appeler tout le monde pour tous les types de produits», insiste-t-il.

www.grosbusch.lu