LUXEMBOURG
ROMAIN POULLES

Romain Poulles est administrateur-délégué de PROGroup, président de l’Eco-Innovation Cluster et membre du Conseil supérieur pour un développement durable. Dans une prise de position, il partage ses réflexions sur la maison du futur.

«Si le Luxembourg a été le premier pays de l’UE à mettre en œuvre le standard “passif” obligatoire en matière de performance énergétique des bâtiments, le grand public reste souvent sceptique sur les bienfaits de ces maisons passives qui lui sont dorénavant imposées et ce souvent à juste titre. Car le standard passif est un standard mono-orienté, c’est-à-dire qu’il ne s’attaque qu’à une seule dimension de la construction durable, à savoir la réduction de la consommation de l’énergie, laissant de côté d’autres aspects comme la qualité de l’air par exemple ou encore le confort thermique et l’adaptation de l’éclairage au cycle de vie. Pour arriver à un autre degré d’acceptation de l’évolution vers la maison du futur et l’accélérer, je pense qu’il est temps de passer à la maison “active”

Certains pays commencent à définir un standard “actif” comme “Une maison active est une habitation qui produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme grâce à ses principes de construction”. Ce standard devrait s’appeler “à énergie positif” ou “Plus Energie Haus”. Il reste néanmoins mono-orienté et ne répond pas aux besoins d’une approche systémique et holistique.

Une vraie maison “active” en serait une qui participe activement à créer des vies saines et confortables pour ses occupants sans avoir une incidence négative sur le climat et l’environnement, l’objectif étant de rechercher systématiquement à créer des effets positifs sur l’environnement et le climat.

Il est donc urgent de donner un cadre à la conception et la rénovation de bâtiments contribuant positivement à la santé humaine, la sécurité et le bien-être en mettant l’accent sur l’environnement intérieur et extérieur et utilisation efficace de l’énergie. Une maison “active” obtient donc toute son énergie nécessaire par des sources d’énergie renouvelables intégrées dans le bâtiment ou à proximité comme un système énergétique collectif et réseau électrique. Cette maison crée des conditions intérieures plus saines et plus confortables pour les occupants, assure un apport généreux de lumière du jour et de fraîcheur et de qualité de l’air. Les matériaux utilisés ont par ailleurs un impact neutre sur le confort et le climat intérieur. En même temps, la maison “active” interagit positivement avec l’environnement à travers une relation optimisée avec le contexte local, l’utilisation ciblée des ressources, et son impact global sur l’environnement tout au long de son cycle de vie.

Qui plus est, les bâtiments durables devraient être conçus en mettant l’accent sur l’abordabilité financière tout en raisonnant sur les coûts totaux – donc frais, maintenance, adaptation durant leur vie, démontage en fin de vie. La maison active devra par la suite s’inspirer des thèmes restant liés à l’économie circulaire. La prochaine étape sera alors la maison inspirée par les principes de l’économie circulaire qui génère des impacts positifs sur l’homme, sur l’environnement et sur l’économie, la maison “positive”».