LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Google dévoile les contours de son possible data center dans un gros dossier

Il a été présenté dans ses grandes lignes le 21 novembre aux résidents de Bissen: le plan d’aménagement particulier du projet de data center de Google à Bissen baptisé Londonbridge est désormais consultable en ligne, afin d’être examiné par les parties concernées. L’avis d’une cellule d’évaluation devrait se joindre à la présentation prévue au début de l’année prochaine au conseil communal de Bissen. Le document de 319 pages a été concocté par le bureau WW + Architektur & Management S.à.r.l. basé à Esch-sur-Alzette pour le compte de LB Technology, la société créée par Google au Luxembourg. Son acte de fondation remonte au 5 décembre 2017 soit six jours avant l’annonce par Google de la «sécurisation» des 33,7 hectares de terrain à Bissen. Ses deux gérants initiaux ont été radiés, selon les publications du Recueil électronique des sociétés et associations et remplacés ces derniers mois par un trio composé d’un résident luxembourgeois, d’une résidente irlandaise et d’une résidente américaine. La société, au capital de 50 millions d’euros, a pour objet social l’acquisition, la vente, la construction, le développement «tout bien immobilier, au Grand-Duché de Luxembourg ou dans tout autre pays». Souvenez-vous, lors de l’annonce de Google en décembre 2017, le géant américain précisait que «le site de Bissen est une des options et une décision sera prise en temps voulu». Petite anecdote, une fois encodée dans le célèbre moteur de recherche, l’adresse du siège social de LB Technology rue Albert Borschette au Kirchberg nous mène à une référence aux «Paradise Papers» grâce au site de l’ICIJ référençant les Offshore Leaks.

Un data center, des impacts

Mais revenons au PAP. Il aborde les nombreuses conséquences de la potentielle installation du géant américain. Les autres data centers européens de Google sont évoqués «et on estime à
près de 13.100 le nombre d’emplois supportés par an». Autre impact avancé: «Un centre de données de Google à Bissen ouvre la voie à une installation de Google Cloud au Luxembourg» sans donner davantage de détails concrets.

«Le site de Busbierg présente de nombreuses qualités pour la construction d’un centre de données éco-responsable au Luxembourg», affirme le document où on peut lire, un petit peu plus loin, que Google consommerait 7% de l’électricité au Grand-Duché puis 12% lorsqu’il sera complètement développé, «proportion déjà observée dans d’autres secteurs industriels au Luxembourg». Mais pour parvenir à cette deuxième phase, un renforcement de l’infrastructure électrique est nécessaire, comme indiqué le 21 novembre dernier.

La sous-station électrique de Creos est citée pour approvisionner le centre tandis que pour son refroidissement, le «free-cooling» est évoqué mais avec deux écueils: la consommation électrique élevée et une emprise au sol moins efficace. L’Alzette est privilégiée pour puiser l’eau nécessaire à l’opération. «L’impact sur le débit de la rivière serait très inférieur aux seuils environnementaux de la législation européenne», affirme le PAP.

Celui-ci n’est qu’un début dans la procédure des autorisations nécessaires à la concrétisation du projet de Google. D’ailleurs, aucun plan technique exact n’est arrêté tant que des études complémentaires sont en cours. Le PAP reprend différents scénarios où le site du Busbierg est doté d’une série de bâtiments dont la hauteur varie de 10 à 28 mètres.

Quoi qu’il en soit, le chemin de Google vers le Luxembourg est loin d’être tout tracé. Ce PAP n’est qu’une des dernières étapes de l’étude de faisabilité, après le vote du PAG en juin dernier. Si le dossier avance, il pourrait déboucher sur un avant-projet, avant un projet d’exécution marquant le début des travaux de construction. A noter enfin qu’en septembre 2018, le Centre National de Recherche Archéologique a qualifié le site de «haute sensibilité archéologique». Un écueil de plus qui pourrait pousser le géant américain à se détourner du Luxembourg. Après tout, il a admis le mois dernier n’avoir même pas le pays sur son radar et que le Grand-Duché était venu à lui. Tout est dit.


Le document intégral se trouve ici: tinyurl.com/PAPGoogle