LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Coup d’œil sur les perspectives économiques de BGL BNP Paribas

Une croissance lente avec un ralentissement additionnel: voilà comment BGL BNP Paribas appréhende l’année 2020. «Nous estimons toutefois qu’il existe un potentiel de surprise favorable vu l’environnement monétaire et budgétaire accommodant à condition que l’incertitude, qui a baissé au dernier trimestre de l’année 2019, ne réaugmente pas», a commenté mardi Yves Nosbusch, «Chief Economist» de la banque aux étoiles.

Celle-ci anticipe un repli de la croissance tant aux Etats-Unis qu’en zone euro, avec un passage respectivement de 2,3% à 1,5% et de 1,1% à 0,8%. «Rien de dramatique», tempère l’économiste qui n’a d’ailleurs pas revu sa copie suite au regain de tension en Iran début janvier. «Le marché n’a pas réagi de manière violente», observe-t-il. Plusieurs éléments explique cela: que le marché ne croie pas vraiment à une escalade des tensions entre les Etats-Unis et l’Iran, que même en cas d’escalade, la répercussion serait différente que par le passé car l’offre en pétrole est aujourd’hui excédentaire et enfin, parce que l’inflation est trop basse ce qui laisse une marge quasi inexistante aux banques centrales pour resserrer les taux déjà au plus bas. «Aujourd’hui, il n’y a pas de vrai signal d’alarme à court terme», assure Yves Nosbusch.

Des risques, mais pas extrêmes

Il discerne bien quelques risques comme l’augmentation des demandes nouvelles pour les prestations de chômage aux Etats-Unis à la fin de l’année dernière, le pic d’endettement des entreprises américaines à un niveau historiquement élevé et la désinversion de la courbe des taux américains. Néanmoins, «on a eu une diminution du risque extrême au cours du dernier trimestre 2019», pointe le Luxembourgeois qui constate un regain d’attrait pour le risque et donc, les investissements en actions, tandis que les taux obligataires à dix ans poursuivent leur descente.

En Europe et aux Etats-Unis, l’inflation demeure inférieure aux objectifs fixés par les banques centrales et cela, malgré les baisses des taux directeurs et les rachats d’actifs en zone euro. «On risque de se retrouver dans un scénario où les taux sont bas de manière très prolongée», concède Yves Nosbusch qui ne voit pas la nouvelle présidente de la BCE Christine Lagarde prendre une autre trajectoire que son prédécesseur Mario Draghi. Côté américain, BGL BNP Paribas anticipe deux baisses du taux objectif des fonds fédéraux au premier semestre de cette année, après trois baisses du taux officiel de la Fed en 2019.

Bref, après une année 2019 marquée par l’incertitude sur fond de questions autour du Brexit et de la guerre commerciale, 2020 se profile donc comme plus calme mais pas pour autant plus porteuse, vu les anticipations de croissance du PIB en baisse. Les taux bas sont appelés à jouer les prolongations et «le scénario peut tenir un certain temps», glisse l’économiste en chef.

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