LUXEMBOURG
LJ

Ce 16 novembre est la Journée internationale de la tolérance. Instaurée par l’Organisation des Nations Unies, elle vise à renforcer la tolérance en encourageant la compréhension mutuelle entre les cultures et les peuples. En ces temps où les mouvements populistes traversent l’Europe et où la question de l’accueil des migrants occupe une place prépondérante dans l’actualité, cette journée revêt une importance particulière. Explications avec le porte-parole de l’ASTI (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés), Sergio Ferreira.

«Notre association se place dans son action et sa philosophie totalement en phase avec ce que l’ONU entend promouvoir à travers cette journée. Depuis de nombreuses années, l’ASTI se préoccupe des questions de tolérance. Nous avons d’ailleurs lancé en 2012 l’action “making Luxembourg” contre le racisme. Dans une société où la moitié de la population n’est pas de nationalité luxembourgeoise, il est primordial de promouvoir ces valeurs de tolérance. Si nous ne le faisons pas, nous laissons le terrain libre à ceux qui attaquent la tolérance.

Nous avons été plutôt confortés par les résultats des élections d’octobre parce que les mouvements qui mettaient en avant les questions d’intégration et l’immigration en les présentant de façon négative n’ont pas obtenu de bons résultats. Mais une vague populiste traverse l’Europe et le Luxembourg n’est pas à l’abri de ce phénomène.

Le plus important, au-delà de la sensibilisation, c’est le travail sur le terrain. Nous essayons de réunir tout le monde, ensemble, lors de nombreuses activités qui vont des ateliers aux tables de conversation. Qu’ils soient Luxembourgeois, résidents étrangers, réfugiés ou frontaliers, tous sont une composante importante de notre société.

Chaque année, le Luxembourg accueille 20.000 nouveaux résidents et 10.000 quittent le pays. La culture d’accueil et les bases pour l’intégration doivent être au centre de la politique de notre pays. Il ne faut pas laisser ces sujets à une administration en particulier ou à un ministère mais que tous y travaillent pour que la loi sur l’intégration soit réformée et pour que les bases du vivre ensemble à l’avenir soient pérennes. Dans ce sens, l‘ASTI a proposé la création d’un Observatoire du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie, qui, nous l’espérons, pourra voir le jour lors de la législature qui commence.

Enfin, quand on parle de tolérance, on peut se retrouver face à un paradoxe: jusqu’où tolérer les ennemis de la tolérance? Dans un monde où les mouvements populistes utilisent la désinformation envers différentes minorités, nous assistons à une remontée des intolérances. La question est de savoir comment la combattre et aussi, peut-on tout tolérer, même l’intolérance?»

www.asti.lu