LUXEMBOURGJOS MEYER

Coup de chapeau au vigneron Boudat pour la Foire aux vins Auchan

Depuis que les responsables d’Auchan Luxembourg organisent des foires aux vins, on se doit de constater que d’année en année le niveau de la qualité des vins mis en vente s’élève. Et la présente foire aux vins, qui se tient du 17 au 29 mars, ne s’éloignera pas d’un pouce de cette politique.

Ceci est en tout cas la première impression qui se dégage d’une récente dégustation organisée par Auchan au restaurant Apulia Sapori, au cours de laquelle les responsables du groupe ont présenté les points forts de la foire. Les dégustateurs ont été accueillis par Otto Gardin, directeur du Drive Auchan, qui a mis l’accent sur l’importance que la foire a pris pour la structure commerciale luxembourgeoise.

350 références

Quant à Yves Wolf, responsable du secteur vins d’Auchan, secondé par les conseillers en vin Olivier Pêcheux et Sébastien Zaccuri-Desbeux, il a pointé que la foire aux vins porte cette année sur 115.000 cols répartis sur 350 références. Parmi cette montagne de bouteilles, on notera 45.000 unités bordelaises représentant la moitié du chiffre d’affaires. Belle présence aussi du champagne avec 16.000 bouteilles qui pèsent 20% des revenus, devant notamment les vins du Rhône. Yves Wolf a précisé que la foire est le résultat d’un travail d’équipe et que les prix affichés par Auchan Luxembourg sont inférieurs à ceux proposés en France, ceci notamment en raison de la différence de TVA. Yves Wolf a encore rappelé les éléments qui font d’Auchan une structure «must» au Grand-Duché. Notons dans cet ordre d’idées les efforts particuliers en matière de vins luxembourgeois, la reprise des vins non consommés lors des fêtes familiales, de banquets, etc.

Boudat Cigana, une cave à succcès

Comme Auchan le pratique depuis quelques années, le salon de 2014 est une fois encore marqué par la présence d’un vigneron de qualité, à savoir Frédéric Boudat Cigana de Mourens. Le vignoble bordelais de ce propriétaire-récoltant remonte à la fin du 18e siècle. C’est en 1988 que la famille Cigana a repris le domaine géré par la famille Saucié. L’union des familles Saucié et Cigana a finalement permis de donner à la structure une orientation qualitative. En 1991, après le décès de Monsieur Cigana, le domaine a été repris, en 5e génération, par Françoise Cigana et son mari Frédéric Boudat.

Frédéric a dû pour cela abandonner sa profession de podologue, tandis que son épouse a mis fin à ses activités de chirurgienne dentiste. Rénover les chais, replanter les vignes centenaires, racheter des parcelles et domaines, investir résolument dans la qualité des vins: le couple a démultiplié depuis 1991 ses activités avec un but précis, celui de savoir présenter à la clientèle des vins de qualité à prix raisonnables.

Pour la petite - ou plutôt la grande - histoire: le goût de l’effort, leur fils Thomas l’a bien hérité. Ainsi, le jeune sportif de 20 ans a remporté début mars à Cali en Colombie le championnat du monde de l’omnium, une épreuve cycliste sur piste comportant six épreuves, l’équivalent du décathlon en athlétisme...

Si Auchan a demandé cette année à Frédéric Boudat d’être le vigneron de l’année, on a eu la main particulièrement heureuse, car tous les vins présents originaires du vignoble (90 ha) et en vente se signalent par un «sans-faute» assez impressionnant, avec un point de mire un rapport qualité/prix de toute beauté.

Avant la dégustation des vins de Boudat Cigana, Auchan a proposé, pour réveiller les palais, le champagne rosé Charles Lafitte (prix de deux bouteilles: 38,20 euros), un vin d’apéritif gras et fruité. Une très belle bouteille. Ensuite, le Côtes du Rhône blanc 2013 château Simian, un vin élégant, fin et sans lourdeur (7,95 euros) a été servi. Quant à la même étiquette en rouge, mais du millésime 2011, retenons que ce vin solide et puissant présente un nez encore un peu fermé. Dès à présent il saura bien accompagner les viandes rouges (6,95 euros).

Rondeur, onctuosité et prix très sages

La dégustation s’est ensuite concentrée sur les vins de Boudat Cigana. Petit vin soigné produit à raison de 150.000 bouteilles par an, le Bordeaux Supérieur château Laroque 2011 est un vin qui fera plaisir tout au long de l’année. C’est le merlot qui fournit à ce vin sa finalité gastronomique (3,85 euros). Toujours en Bordeaux Supérieur, le château De Viaut 2009, élevé pendant un an en fût de chêne, possède un potentiel de garde d’une dizaine d’années. Très beau vin à petit prix (6,25 euros). Même appréciation pour le Graves château Gramons 2009, un vin muni d’une fin de bouche interminable. Grande garde pour ce vin à petit rendement (45 hl/ha) et dont le prix laisse rêveur (7,95 euros). A propos du Lussac Saint-Emilion 2010 château La Perrière vieilli pendant une année en fût de chêne, disons qu’il s’agit d’un grand vin de garde issu d’un vignoble de 12 ha (9,50 euros), alors que le Haut-Médoc Cru Artisan 2010 château Viallet Nouhant, vieilli en fût de chêne, a du charme à revendre. Le mariage du merlot (60 %), du cabernet sauvignon (30 %) et du petit verdot (10 %) donne naissance à un vin qui sera l’une des grandes découvertes de la foire.

Là encore, le prix est sage: 9,50 euros le col. S’agissant du Pessac-Léognan 2010 château Espiot, le bois neuf (1/3), notamment la vanille, est encore bien présent au niveau d’un vin complet qu’il convient de commencer à boire à partir de 2018. Mariage en tout cas parfait entre le merlot, le cabernet sauvignon et le cabernet franc. Quant au prix de vente , il est avec 10,95 euros tout à fait exceptionnel. Très grand vin que ce Moulis en Médoc château Ruat petit Poujeaux 2006, un vin qui a bien vieilli et qu’on ferait bien de servir cette année à l’occasion des fêtes familiales (10,50 euros). En ce qui concerne le Saint-Estèphe château Tour Coutelin 2010, cuvée prestige, il s’agit d’un vin rond, gras et au potentiel de garde qui va le mener sans brocher jusqu’en 2025. Notons là encore le prix plus que compétitif de 13,90 euros seulement. Frédéric Boudat, en fin de dégustation, a encore présenté un Graves supérieur liquoreux de 2005. Fermentation en fût et 24 mois d’élevage ont fourni à ce vin doux naturel une élégance exceptionnelle, sans aucun côté pâteux (14,50 euros).