LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les contenus en streaming font chauffer la bande-passante

Le confinement dure depuis plus de trois semaines maintenant, et la télévision ne propose pas toujours des contenus plaisants. Avec l’impossibilité de sortir et de profiter de ses proches, beaucoup d’internautes se tournent alors vers les plateformes de streaming. Cette affluence a été notée par LU-CIX, le carrefour internet des échanges entre fournisseurs américains (pour ces plateformes de streaming et les réseaux sociaux) et les opérateurs au Luxembourg, si bien qu’un record a été battu cette semaine: 264,5 Gbps d’échanges.

Un début pour son directeur Claude Demuth: «Le réseau est sollicité mais nous n’enregistrons pas de surchauffe, nous avons des surcapacités considérables. Si l’on comptait un potentiel goulet d’étranglement de la part des serveurs au Luxembourg, le surplus serait rebasculé vers des serveurs à l’étranger». Les grands noms du secteur, YouTube ou Netflix ont de toute façon anticipé l’augmentation massive de la consommation de leurs contenus en réduisant la qualité d’image, une façon d’alléger le poids des données qui transitent, au Luxembourg chez LU-CIX dans les serveurs Lux Connect à Bettembourg.

Les plateformes de streaming responsablesdu pic d’activité sur le réseau

Avec un nombre impressionnant de Facebook live, de concerts, de pièces de théâtres diffusés sur YouTube, ou encore des séries à succès sur Netflix, c’est bien ces plateformes de streaming qui sont responsables du pic d’activité sur le réseau. La sortie très attendue par exemple de la quatrième saison de la série Casa Del Papel a affolé la toile ces derniers jours. Un phénomène de masse qui est amplifié par le confinement: «Le soir, c’est vraiment le B2C qui prévaut, soit la consommation de streaming des ménages. Le pic a été enregistré le vendredi soir à 22.00, cela n’a donc rien à voir avec le travail», explique Claude Demuth qui ajoute que le facteur télétravail ne rentre finalement pas en ligne de compte: «Les salariés en télétravail n’influent pas vraiment sur le réseau, car au Luxembourg il s’agit beaucoup de frontaliers qui ne passent pas par le carrefour de LU-CIX. Donc oui il y a plus de visioconférences, mais ce n’est pas ça qui pèse sur le réseau», estim-t-il.

Le ton se veut rassurant également du côté de l’ILR où le directeur Luc Tapella rappelle que «les réseaux télécom sont très robustes au Luxembourg, il n’y a pas de problème à signaler, nous avons même encore de la marge car les opérateurs ont beaucoup investi dans le réseau ces dernières années donc nous sommes loin de la surcharge». Le régulateur confirme que les plateformes de streaming contribuent à l’augmentation globale du trafic, mais estime également que le réseau luxembourgeois a de quoi voir venir: «YouTube etc ont baissé la qualité de leur contenu pour anticiper cette augmentation d’activité et pour éviter de saturer les réseaux en Europe, mais pour le Luxembourg ce n’était vraiment pas nécessaire».