LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Les entreprises spécialisées en voyages par autocar doivent faire preuve de créativité

Arrêt total des voyages, écoles fermées, lignes de bus limitées, le confinement a fortement mis au ralenti les entreprises spécialisées dans le voyage en autocar. Avec peu de visibilité pour la saison estivale, les professionnels ont dû se montrer créatifs face à la situation et espèrent un retour à la normale, grâce notamment à la rentrée scolaire.

La Fédération luxembourgeoise des exploitants d’autobus et d’autocars (FLEAA) confirme une situation sans surprise: l’activité autocars de tourisme est complètement à l’arrêt. «Pour certains exploitants de bus, cela représente plus de 20% des activités de l’entreprise. Les exploitants sont confrontés aux nombreuses annulations et il est à prévoir que toute la période d’été sera fortement impactée non seulement par les annulations des voyages, mais aussi par les voyages qui n’ont pas été réservés. En effet, beaucoup de groupes ont préféré renoncer, de par la situation sanitaire liée au covid-19 et l’incertitude qui règne, à la réservation habituelle de leur voyage ou d’excursions en autocar de tourisme pour la période de haute saison soit le printemps et l’été», explique une représentante de la FLEAA.

En attendant un retour à la normale, les exploitants doivent quant à eux faire face aux dépenses fixes (frais d’exploitation, frais d’entretien, leasing autocars, assurance…) et aux investissements entrepris autour (brochures, marketing…).

Pour un grand nombre d’entreprises du secteur, les pertes financières pour l’activité autocars liées à l’épidémie Coronavirus pourraient en effet avoir des conséquences lourdes.

Comme d’autres secteurs, les exploitants ont fait appel aux aides gouvernementales pour rester à flot.

La lumière est au bout du tunnel

La FLEAA est en contact avec le Ministère des Classes moyennes et du Tourisme, car il risque de prendre du temps à redémarrer. «Les entreprises doivent absolument être soutenues. Elles ont besoin de liquidité. La FLEAA souhaiterait une solution acceptable tant pour les exploitants que pour le gouvernement», poursuit la fédération.

Mais la lumière est au bout du tunnel, et Cyrille Horper, responsable communication du département mobilité chez Emile Weber, veut se montrer positif et mise sur la «rentrée» pour que les 600 chauffeurs reprennent du service, sans pour autant être naïf: «Il est illusoire de penser que nous aurons un retour à la normale dès le mois de juillet, mais le transport scolaire a repris aujourd’hui, c’est comme une rentrée, mais au mois de mai! Normalement tous nos chauffeurs devraient être de retour la semaine prochaine».

Les lignes du réseau RGTR, desservies en partie par les bus Emile Weber, avaient elles aussi pris le coup du confinement: horaires réduits, lignes supprimées, rotations suspendues le dimanche, lignes transfrontalières réajustées, gros retards avec les contrôles aux frontières, il a fallu composer: «Dès la nuit du 12 ou 13 mars nous avons fermé la porte avant des bus pour protéger les chauffeurs. Nous avons privilégié les bus articulés de 18 mètres, contre les bus traditionnels de 12 mètres, pour permettre aux usagers d’avoir plus d’espace et ainsi de respecter les règles de sécurité. Cela sera d’autant plus nécessaire pour le transport scolaire», poursuit Cyrille Horper, même si les modalités de la «rentrée» scolaire ne sont pas encore bien claires pour tout le monde.