LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Pour François Koepp, le gouvernement prend en compte les doléances de l’Horesca

Le téléphone de François Koepp sonne sans cesse. Le secrétaire général de la Fédération Horesca est en liaison constante avec ses membres dans cette période trouble jamais connue auparavant. Malgré la fermeture des établissements depuis la mi-mars, le secteur veut garder la tête haute et se montre reconnaissant des mesures d’aide prises par le gouvernement. Explications.

Quels sont les échos des restaurateurs qui vous parviennent en cette période de confinement?

FRANCOIS KOEPP Je crois qu’ils ont un peu peur pour leur situation, c’est clair. Il y en a qui se portent bien, qui pendant des années ont fait des réserves et qui savent surmonter ce coup dur. Mais d’autres n’ont pas cette chance et n’ont pas pu se créer une trésorerie qui leur permet de garder le calme. Ils doivent s’en tenir aux mesures décidées par le gouvernement. Nous lui adressons un grand merci en particulier pour les toutes petites entreprises avec les 5.000 euros d’avance non remboursable. Il y a un tas de mécanismes qui ont été mis en place et aident les entreprises à améliorer leur trésorerie. L’indépendant pour l’instant n’a pas encore été considéré mais je pense que dans un deuxième temps, l’Etat va regarder aux mesures pour leur venir en aide. C’est une question de temps. Il y aura d’autres mesures. Lex Delles est à l‘écoute 24h/24. Dès qu’il y a un problème nous le lui signalons, il nous écoute.

Seules les activités de take away et de livraison sont autorisées dans la restauration. Rencontrent-elles la demande?

KOEPP Je crois que certains ont une demande accrue, qui travaillent très bien, mais d’autres pour qui la demande n’est pas là. Des entreprises situées à l’extérieur de la ville fonctionnent bien avec la livraison parce qu’elles ont le bon networking autour. D’autres disent que du jeudi au samedi ça marche très bien. Je pense que si l’on vend 100 plats à 30 euros, ça met au moins un moyen pour améliorer sa trésorerie. La livraison et le take away fonctionnent aussi bien l’un que l’autre. La livraison prend de l’ampleur mais nous constations cela déjà avant la crise. Certains restaurants se spécialisent là-dessus.

Et puis, certaines communes mettent en avant les restaurants locaux. J’imagine que vous saluez cette démarche…

KOEPP Absolument et je dois vous dire: chaque crise a aussi son côté positif. Tout le monde est conscient et remarque que la dimension sociale dans une commune est en grande partie faite par les entreprises. Nous sommes une part très importante dans la vie active d’une commune. Le secteur Horesca est devenu très important pour la vie sociale d’un pays.

Pensez-vous déjà à l’après-crise?

KOEPP Le message a été bien compris par tout le monde: nous devons tout faire pour - dès que tout le monde sera dans la mesure de garantir la sécurité - tout doucement rouvrir les entreprises. Il faut être sûr en faisant ce geste-là de ne pas devoir refermer dans un mois. C’est le pire qui puisse arriver. Mieux vaut être sûr des prochaines étapes qu’on fait que de faire une étape prématurée et qu’on regrettera par après. Ça ne va pas durer éternellement mais il faut se mettre autour de la table et discuter des mesures d’après-crise. Il ne faut pas croire que les activités vont rebondir d’un jour à l’autre. Il faut prier pour que les mesures d’accompagnement des entreprises restent valables au-delà du confinement.

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