LUXEMBOURG/BRUXELLES
CATHERINE KURZAWA

Le budget de l’Union est au coeur du sommet européen qui débute ce jeudi à Bruxelles

Un sommet européen clé débute ce jeudi après-midi. Au menu des dirigeants des Vingt-sept: le budget de l’Union pour la période 2014-2020, également appelé cadre financier pluriannuel.

Actuellement, quatre propositions d’enveloppes budgétaires sont sur la table. Le Parlement table sur 5.000 milliards d’euros, la Commission sur 1.091 milliards d’euros, la présidence chypriote sur 1.030 milliards d’euros et le Conseil de l’Union européenne sur 1.010 milliards d’euros. «Les propositions sont très proches, mais on est loin d’avoir un accord», explique le représentant de la Commission européenne au Luxembourg, Georges Bingen. Par contre, le projet du Parlement, lui, sort clairement du lot. Et à ce propos, le responsable n’hésite pas à parler d’un «taux irréaliste à long terme.» Car 5.000 milliards d’euros, cela représente 5% du revenu national brut de l’Union.

Le Luxembourg aussi dans le processus

«Le Luxembourg est impliqué budgétairement de deux façons différentes», détaille Georges Bingen. Car d’une part, il accueille un nombre élevé d’institutions européennes. Au total, 11.000 fonctionnaires européens travaillent au Grand-Duché. «En 2011, cela représentait un transfert de 1,33 milliard d’euros pour le fonctionnement des institutions.»

Et d’autre part, le Luxembourg est un contributeur net. C’est-à-dire qu’il participe au budget de l’Union européenne à hauteur de 290 millions d’euros soit davantage qu’il ne reçoit des Vingt-sept, à savoir 222 millions d’euros. Quant aux propositions faites par le Grand-Duché, elles touchent au soutien de la politique régionale de cohésion, au maintien de l’enveloppe agricole et à la réforme du système de financement «avec un bémol sur la taxe financière», souligne au passage le représentant de la Commission.

Pistes d’économies

De son côté, la Commission européenne a déjà fait part de ses propositions. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne font pas que des heureux. À commencer par les fonctionnaires, qui vont subir un plan d’économies assez poussé. D’ailleurs, certains n’ont pas hésité à manifester leur ras-le-bol,
en faisant grève.

Et dans les grandes lignes, le plan de la Commission prévoit de réduire le nombre de fonctionnaires de 5% entre 2013 et 2017, et de compenser cela par un passage de 37,5 à 40 heures de travail par semaine, sans hausse salariale. Enfin, il
est aussi question d’une hausse de l’âge de la retraite, de 63 à 65 ans, ainsi que de faciliter les prolongations de carrière
jusqu‘à 67 ans.

Le budget 2013 traîne des pieds

Le but du sommet de cette fin de semaine est précisément de dégager un accord sur le cadre financier pluriannuel. Mais la tâche s’annonce ardue, tant les précédents budgets pataugent encore dans la semoule. En fait, le budget européen 2013 se trouve bloqué par le Parlement, car il refuse de valider le budget additionnel pour l’année 2012.

Bref, cela s’apparente à une joyeuse cacophonie, où les conséquences pourraient être lourdes. «Si on ne dégage pas d’accord, Erasmus, les programmes de cohésion, les programmes régionaux et ceux de recherche pourraient être pénalisés.» Pour éviter cela, il reste une solution: passer un accord d’ici la fin de l’année. Et le temps presse, d’autant plus que la solution de dépannage n’est pas très prisée: il s’agirait d’instaurer des douzièmes provisoires, et de ne réaliser que les paiements engagés par le passé. «De sérieux problèmes sont possibles», conclut Georges Bingen.