LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le «space mining» pourrait générer jusqu’à 170 milliards d’euros de revenus, mais n’est pas sans risques

Le «space mining» dans lequel le Luxembourg s’est lancé en 2016 pourrait générer entre 73 et 170 milliards d’euros de revenus dans le monde en 2045, selon une étude commandée par l’agence spatiale luxembourgeoise «Luxembourg Space Agency» (LSA) publiée jeudi.

Si l’exploration et l’utilisation des ressources spatiales est riche en potentiel, elle comporte aussi des risques, souligne le rapport: «Il y a des défis techniques et commerciaux, mais aussi règlementaires et financiers». Le Luxembourg s’est doté en 2017 d’une loi qui garantit aux sociétés de «space mining» la pleine propriété de leurs trouvailles. Seuls les Etats-Unis disposent à l’heure actuelle d’une législation similaire.

En outre, «des investissements importants à long terme doivent être disponibles pour permettre aux entreprises privées de développer et de déployer des systèmes déterminants». Qui plus est, l’exploration et l’exploitation des matériaux célestes est encore à ses balbutiements et des capacités techniques «doivent être développées, testées et affinées», pointe l’étude. Celle-ci démontre des «opportunités tout le long de la chaîne de valeur» et cela, «bien que l’utilisation des ressources spatiales comporte encore certaines incertitudes».

Des missions plus longues et moins chères

845.000 à 1,8 million d’emplois pourraient découler de ce nouveau segment, aux économies prometteuses estimées entre 54 et 135 milliards d’euros pour les utilisateurs finaux.

Carburant, eau ou encore matériaux pour la construction et l’équipement d’infrastructures spatiales: les ressources spatiales couvrent un vaste champ d’application au-dessus de nos têtes, sans compter la possibilité à moyen terme de réduire le coût des missions d’exploration puis, à plus long terme, d’améliorer l’autonomie et la sécurité des missions. Car si aujourd’hui les missions sont limitées dans le temps et la portée par des critères d’approvisionnement ou de ravitaillement, le «space mining» pourrait permettre de résoudre l’équation.

A court terme, c’est l’eau présente sur la Lune qui pourrait servir de carburant ou de bien d’approvisionnement pour les missions mais à plus long terme, renseigne l’étude.

Celle-ci est basée sur une série d’interviews avec des experts, mais aussi des articles scientifiques pour cibler aussi bien les projets existants chez les acteurs institutionnels que les compagnies privées. De l’impact sur le PIB à la création d’emplois en passant par les développements technologiques, les retombées seraient aussi variées que le domaine d’utilisation des ressources spatiales.

A noter toutefois que leur retour sur Terre pour une utilisation semble le scénario le plus éloigné selon les auteurs de l’étude, qui l’envisagent à long terme soit dans plus de 20 ans. Diminuer la dépendance de l’Homme aux ressources terrestres limitées n’est donc pas pour tout de suite, à tout le moins pour ceux et celles qui ont les pieds sur Terre.

www.space-agency.lu