LUXEMBOURG/BRUXELLES
CATHERINE KURZAWA

Le SNCBgate suscite des remous jusqu’au Luxembourg

C’est une histoire belge qui n’a de belge que le nom. Car en fait, cette mésaventure provoque des remous en-dehors des frontières du Plat-pays. Là-bas, on l’appelle déjà SNCBgate. Un scandale qui ternit un peu plus l’image de la compagnie ferroviaire belge. Il n’est pas question ici de retard ni de matériel roulant à problèmes. Non, il est ici question de données.

1,4 millions de fiches

Par un concours de circonstance qui demeure à ce jour encore flou, les données personnelles de plus de 1,4 million d’utilisateurs du rail belge se sont retrouvées sur le web. C’est un internaute qui a découvert la faille, en utilisant un moteur de recherche. L’information a agité les media belges, à la veille de Noël. À qui la faute? Erreur humaine ou technique? Quelle sécurité pour les informations? Autant de questions qui restent sans réponse.

Et voilà qu’à présent, c’est au Luxembourg que le SNCBgate fait des vagues. Car dans la longue liste de clients publiée, figurent les coordonnées de 3.705 résidents luxembourgeois. Mais ce n’est pas tout: si certains sont de simples navetteurs, d’autres par contre sont des personnalités connues. Il s’agit de hauts fonctionnaires mais aussi de têtes couronnées, comme l’épouse du Grand-Duc héritier Stéphanie de Lannoy.

Questions et interpellations

Tant en Belgique qu’au Luxembourg, cette affaire suscite désormais son lot de questions. La Commission de la protection de la vie privée a interpellé la SNCB, qui affirme rechercher l’origine de la fuite. L’organisation devrait rencontrer des responsables de la compagnie ferroviaire ce vendredi.

De son côté, le ministre responsable des Entreprises publiques (et donc, de la SNCB), a demandé des explications au groupe. Il faut dire que Paul Magnette est assez mal à l’aise dans ce dossier, puisque outre son nom et celui de certains de ses collègues du gouvernement fédéral figurent dans la liste en question.

Cette affaire a non seulement le don d’entacher l’image de la SNCB, mais suscite également des interrogations en matière de protection des données. Selon certains experts, de telles informations peuvent être utilisées par des internautes mal intentionnés pour, par exemple, usurper l’identité des victimes. Mais à notre ère, une telle quantité de données personnelles se monnaie, et à prix d’or. Certains évaluent en effet le fichier à 3 ou 4 millions d’euros.