LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

KPMG a présenté hier son étude «Luxembourg Business Compass»

Pas toujours facile de prendre la température auprès des entrepreneurs dans ce contexte particulier où certains parlent de la crise au présent et d’autres au passé. Pour mieux cerner cela, KPMG a commandé une étude bisannuelle à l’«Institut für Demoskopie Allensbach». L’organisme allemand a sondé 71 chefs d’entreprises au Luxembourg pour connaître leurs attentes face au développement de l’économie pendant les douze prochains mois. Et pour la cinquième fois d’affilée, leurs attentes ont progressé pour atteindre la moyenne de 1,1 point qui témoigne d’une appréhension positive.

Mieux, la perception de la compétitivité de la place luxembourgeoise est bonne à très bonne pour 58% des leaders sondés. Gare toutefois à ne pas tomber dans l’euphorie: la part des décideurs qui perçoivent une tendance négative au cours des deux dernières années reste deux fois plus grande que ceux qui parlent de tendance positive. Bref, le pays n’est pas totalement sorti de la crise et il reste des éléments qui nourrissent cette crainte. L’étude isole principalement l’environnement fiscal (69%) et le cadre règlementaire (56%). D’ailleurs, la perception s’est empirée au cours des deux dernières années pour ces deux postes. Autre difficulté citée: la disponibilité de la main d’œuvre s’empire aux yeux de 45% des répondants. Le mois passé, 83% d’entre eux estimaient la situation difficile à très difficile. Dès lors, ils se tournent vers la main d’œuvre étrangère, majoritairement européenne (73%).

Les affaires vont reprendre

L’optimisme transparaît dans l’évolution des affaires, avec une hausse attendue du chiffre d’affaires de 4,5% et de 1,9% pour la rentabilité dans les six prochains mois. Signe encourageant, ces niveaux d’attentes renouent avec ceux des mesures d’avril 2011, pointe l’étude. Idem pour les attentes entourant les investissements, qui sont attendus en hausse de 4,8% et le nombre d’employés qui devrait croître de 1,8%. Un tableau d’autant plus encourageant que les grandes entreprises planifient de gonfler leurs budgets en particulier dans les nouveautés (69%) et les technologies de l’information (65%).

Vers un business 2.0.

À ce sujet, l’enquête se penche sur la transformation digitale des entreprises qui apparaît comme un point majeur à l’agenda. «Les entrepreneurs sont prêts pour la transformation digitale», a assuré hier après-midi Pascal Denis, Partner, Head of Advisory chez KPMG. 44% des décideurs questionnés à ce sujet déclarent que leurs affaires sont déjà affectées par ce nouveau paradigme tandis que 32% s’attendent à ce que leur activité soit fortement affectée dans les cinq à dix années à venir.

Pour s’y préparer, plus d’un dirigeant sur deux juge qu’il est important d’ajuster le business model et les procédures, et près d’un sur trois estime même que c’est très important. Cependant, pareille évolution ne se fait pas d’un claquement de doigts et les barrières les plus évoquées ont trait aux compétences (56%) et aux contraintes budgétaires (48%). Il reste donc pas mal de travail à réaliser de ce côté-là. Qui plus est, l’initiative «Digital Lëtzebuerg» semble peiner en matière de visibilité auprès de l’échantillon: une personne sur trois en a déjà entendu parler seulement. Mais dans le même temps, 90% des répondants la jugent importante à très importante pour l’économie du Grand-Duché.

www.luxembourgbusinesscompass.lu