LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le Luxembourg remonte au classement de la compétitivité du Forum économique mondial mais reste à la traîne par rapport à ses principaux voisins

Il y a ceux qui voient le verre à moitié plein, et ceux qui le voient à moitié vide. Dans le cas du classement du Luxembourg au «Global Competitiveness report 2014-2015», les deux clans ont autant d’arguments l’un que l’autre. La bonne nouvelle, c’est que le Grand-Duché remonte au tableau pour atteindre le 19ème rang. Il renoue ainsi avec son meilleur classement historique atteint il y a quatre ans, à la 20ème place.

Mais la mauvaise nouvelle, c’est que deux des trois pays limitrophes se positionnent mieux que le Luxembourg. Primo, l’Allemagne occupe le 5ème rang et secundo, la Belgique s’affiche en 18ème position. Seule la France fait moins bien que le Grand-Duché, avec une stagnation en 23ème place. Certes, en regardant quelques années en arrière, le Luxembourg ne s’en sort pas trop mal puisqu’à l’aube de la crise économique et financière, il était tout simplement dernier du classement par rapport à ses voisins.

Un terreau fertile

Dans le détail, le Luxembourg se distingue par le sous-indice «conditions de base», lequel remonte de quatre rangs sur un an, en septième position. Signe d’un bon potentiel, les institutions et l’environnement macroéconomique en sont les piliers, tandis que les infrastructures marquent le pas. Par contre, les «facteurs d’efficacité» restent stables, la faute sans doute à la composition de la note finale. «Les facteurs d’efficacité pèsent pour 50% de la compétitivité du Luxembourg, tandis que le sous-indice des conditions de base, l’indice le plus fort du Luxembourg, n’intervient qu’à concurrence de 20% dans la note finale», peut-on lire dans les conclusions de la recherche. Notons toutefois que le pays se distingue sur le front des aptitudes technologiques, avec une remontée des indicateurs de l’absorption des technologies par les entreprises et de celui de la pénétration de la bande large. Sur le front du marché du travail, les coûts de licenciement et la flexibilité dans la détermination des salaires jouent les trouble-fêtes, alors qu’ils sont parmi les éléments clés dans la lutte contre le chômage. Quant au sous-indice des «vecteurs d’innovation», le Luxembourg descend d’un rang à la 18ème place. Deux éléments demeurent inquiétants: la disponibilité d’ingénieurs et de scientifiques et l’hésitation des entreprises à consentir des investissements en recherche & développement (R&D).

Dans sa globalité, le classement montre qu’économies émergentes et développées sont désormais sur la même ligne de départ dans la course à la compétitivité. Le top 3 est occupé par la Suisse, Singapour et les États-Unis. Au niveau européen, peu de changement notoire est à signaler si ce n’est le départ de la Finlande du trio de tête, vu le niveau élevé de son déficit et de sa dette publique. L’enquête fait par ailleurs part d’une légère amélioration de la situation des pays européens, qui semblent donc peu à peu sortir la tête hors de l’eau. Quant au Luxembourg, le tableau n’est donc pas tout rose et des inefficiences structurelles persistent. Mais, on le sait, le pays est à la veille d’un triple changement de paradigme qui va rebattre les cartes et poser de nouveaux défis. La Chambre de Commerce indique à ce propos que «l’amélioration des conditions macro-économiques depuis le début de l’année constitue une base idéale pour y parvenir.»


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