LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les prêts hypothécaires constituent le produit phare des banques de détail

Qui dit achat dit généralement emprunt. En cette période de taux bas, les emprunts hypothécaires gagnent en attractivité et cela s’en ressent. Ils constituent une part importante du volume d’activité des banques de détail de la place. Elles ne sont pas les seules: quelques courtiers proposent aux clients de dénicher l’offre qui correspond le mieux à leurs besoins.

Et si les banques prêtent chaque année des millions voire des milliards à leurs clients, cette activité en génère d’autres. Car qui dit emprunt dit généralement cession sur salaire. Les clients qui souscrivent pour un prêt sont généralement tenus de faire domicilier leur salaire auprès de la banque en question, en souscrivant par là-même aux services liés à un compte bancaire comme les cartes de débit et de crédit par exemple. Bref, le marché surfe sur les taux bas et la dynamique n’est pas prête de s’arrêter si on en croit les dernières déclarations d’intention de la Banque centrale européenne (BCE) en la matière. Non seulement ses taux directeurs restent à un plus bas historique mais en plus, l’institution francfortoise a annoncé la relance de son programme d’assouplissement quantitatif dès novembre et cela, sans limite de temps. Le temps de l’argent bon marché n’est pas prêt de s’arrêter.

Lëtzebuerger Journal

BGL BNP Paribas: un marché solide

Les crédits immobiliers ont augmenté de 8% (respectivement 425 millions d’euros) l’an dernier selon le bilan de la banque aux étoiles. «Sur l’ensemble de l’activité Crédits de la banque de détail de BGL BNP Paribas, les prêts hypothécaires représentent 80% (en 2019)», commente Markus Stegmann, Directeur Commercial Crédits de la Banque de Détail de BGL BNP Paribas. Le contexte des taux bas pousse la demande en taux fixes, pourtant historiquement minoritaires face aux variables. Mais «la part des crédits à taux variables représente tout de même encore la moitié de notre stock de crédit», précise BGL BNP Paribas. Quant aux clients ayant souscrits à un prêt il y a plusieurs années, l’organisme constate des demandes d’information sur les conditions de renégociation. «Bien souvent, il s’agit de la renégociation d’un taux fixe ou bien du basculement d’un taux variable à un taux fixe», souligne Markus Stegmann. Mais qui dit renégociation de taux fixe dit indemnité à verser. Reste donc au client à calculer si les coûts engendrés restent inférieurs au gain tiré du nouveau contrat de prêt.

www.bgl.lu

Lëtzebuerger Journal

Raiffeisen: le mix fixe-variable a la cote

La banque coopérative a vu l'an dernier ses crédits à la clientèle progresser de 6,9%. Ils comprennent notamment les prêts hypothécaires qui représentent «une part très importante de notre volume d’affaires», confie Romain Funk, directeur marketing et communication de Raiffeisen. Celui-ci constate aussi que «le taux fixe, qui dans le passé n'était que très peu utilisé au Luxembourg, gagne en popularité». Bien entendu, chaque dossier revêt des caractéristiques qui lui sont propres et pour bon nombre de clients, la meilleure solution se situe à mi-chemin avec un mix entre taux fixe et taux variable. Le contexte des taux bas nourrit l'intérêt des investisseurs pour la brique mais aussi celui des particuliers désireux de devenir propriétaire. Quant à ceux qui le sont déjà, la renégociation du crédit hypothécaire ne semble pas monnaie courante chez Raiffeisen, «notamment parce qu’une grande partie des prêts existants sont assortis de taux variables de sorte que les taux ont suivi la baisse générale des taux du marché».

www.raiffeisen.lu

Lëtzebuerger Journal

ING: le taux fixe révisable prise

L’an dernier, le volume des crédits hypothécaires a gonflé de 15% auprès de la banque au lion et ceux-ci représentent aujourd’hui environ 28% de son activité crédit. «Nous sommes toujours attentifs à la capacité de remboursement existante et nous n’avons pas assoupli notre politique de ce côté-là», insiste Marc Geib, «Head of Lending and Companies» au sein d’ING Luxembourg. Si de plus en plus de clients apprécient la sécurité du taux fixe, d’autres en revanche penchent pour la flexibilité du taux variable. Dans ce cas, la banque procède à un stress-test: «Une simulation avec le client pour déterminer ce qu’il se passerait si les taux augmentaient pendant la durée de son crédit». Les taux fixes révisables ont aussi la cote, «cette demande est en forte augmentation», pointe le responsable. Il explique cela par la faible différence entre taux fixe et variable mais aussi par la directive européenne qui a assoupli les conditions de remboursement anticipé. Quant aux renégociations, «c’est techniquement possible» et flexible en cas de taux variable mais potentiellement lié à des pénalités en cas de période de taux fixe, souligne ING. 

ww.ing.lu

Lëtzebuerger Journal

BIL: la locomotive hypothécaire

Si la banque de la route d’Esch reste discrète sur les chiffres précis, son bilan annuel fait état pour 2018 d’une croissance annuelle des prêts à la clientèle à 13,4 milliards d’euros d’encours totaux. «Le financement de projets immobiliers est, en volume, l’activité principale au niveau de notre Retail Banking», explique Claude Krecké, «Head of Credit Enhancement Retail Banking». La BIL souligne que les taux bas profitent notamment aux jeunes actifs qui voient le coût d’un remboursement de prêt être plus accessible par rapport à la charge locative. Et si la tendance se dirige vers le taux fixe avec un volume légèrement supérieur à celui de prêts à taux variable, «le client choisit souvent une combinaison des deux afin d’avoir une certaine flexibilité financière». La banque dit ne constater que peu de demandes de renégociations car «la part des crédits à taux élevés est faible». Bon nombre d’emprunts souscrits de longue date, à l’époque où les taux étaient élevés, l’ont été à taux variable. Et à la BIL de rappeler que tout changement de taux occasionne des frais à la charge des clients.

www.bil.lu

Lëtzebuerger Journal

Spuerkeess: l’immobilier au cœur du métier

Leader du marché des prêts hypothécaires au Luxembourg, la BCEE (Banque et Caisse d’Epargne de l’Etat) dispose d’un portefeuille de plus de 13 milliards d’euros sur un total bilantaire de près de 50 milliards d’euros. L’an dernier, l’institution a vu les prêts au logement monter de 7,6%, dopés par la progression du marché immobilier luxembourgeois et les taux bas. Ceux-ci permettent «une réduction des mensualités ce qui atténue en partie les effets de la hausse des prix du logement», note Charles Pletsch, chef de service adjoint à la Coordination du réseau des agences. «La plupart des clients optent pour un mix entre prêts à taux fixe et prêts à taux variable», ajoute notre interlocuteur qui a vu toutefois la proportion de prêts à taux fixe augmenter significativement ces dernières années. Le remboursement anticipé de prêts à taux fixes est «très récent au Luxembourg», précise Charles Pletsch qui voit certains clients opter pour des formules à taux fixes avec des échéances plus longues tout en payant la pénalité de remboursement. «Ils s’assurent ainsi des charges de remboursement stables et basses sur le moyen et le long terme», conclut-il.

www.bcee.lu