HOSINGEN
CATHERINE KURZAWA

La PME luxembourgeoise Gold & Wood se positionne sur la lunetterie de luxe

Si la lunetterie de luxe est généralement associée à de grandes métropoles européennes telles que Paris, Rome ou Londres, elle a également sa place au Luxembourg et plus particulièrement à Hosingen, dans le nord du pays. C’est là que Maurice Léonard a établi, en 1995, Wood Optic Diffusion, une société derrière laquelle on retrouve la marque Gold & Wood. 35 salariés travaillent dans la manufacture d’où sortent chaque année environ 30.000 paires pour un chiffre d’affaires de l’ordre de cinq millions d’euros.

La spécialité de Gold & Wood, c’est l’utilisation de matériaux nobles dans les montures et en particulier celle du bois. Il arrive des quatre coins du monde sous forme de fines plaquettes dans autant de couleurs que de variétés. Assemblage, moulage, pressage: de ce procédé «maison» sortent des pièces dans lesquelles sont découpées les branches et les montures. Viennent ensuite les étapes de découpage, de polissage et de vernissage. Jusqu’à sept couches sont nécessaires pour parvenir au résultat final. Ces montures en bois se distinguent par leur légèreté sans pareil. «Elles sont ajustables à certains endroits mais moins flexibles que du métal», reconnaît le CEO et fondateur de la marque. Il revendique le leadership sur ce segment mais reconnaît que désormais, «d’autres s’inspirent de nous». Il n’empêche, pour ce qui est du bois, Gold & Wood est le seul à se positionner en haut de la gamme, avec des montures comprises entre 500 et 600 euros.

Jusqu’en 2015, la société a exploité la licence mondiale de Boucheron pour sa collection de lunettes. Du design à la production, en passant par la distribution: Gold & Wood a assuré toutes les étapes du processus avant que Kering rapatrie toutes ses marques d’optique au sein d’une nouvelle division, Kering Eyewear.

La corne de buffle, l’autre marque de fabrique

Gold & Wood produit aussi des montures en or dont les pièces proviennent d’artisans, pour la plupart localisés en Belgique. Le groupe collabore aussi avec des joailliers d’Anvers pour l’approvisionnement en pierres précieuses qui ornent les modèles les plus chers, dont le record est à ce jour détenu par une monture en or massif sertie de diamants pour un montant de 75.000 euros. Mais l’autre matériau de prédilection de la société, c’est la corne de buffle. Elle demande un savoir-faire pointu et aussi beaucoup de patience. Car une fois fabriquées, les branches de lunettes sont stockées avant d’être appairées, histoire que les motifs qui les ornent s’harmonisent avec l’ensemble de la monture.

Aujourd’hui, Gold & Wood est surtout connu en Amérique du Nord, où sont générés 35% de ses revenus. D’ailleurs, la marque peut compter sur une série d’ambassadeurs tels que Silvester Stallone, Tim Cook ou encore Snoop Dogg. Une affaire d’hommes, qui représentent aujourd’hui 70% de la clientèle. Mais Maurice Léonard vise la parité d’ici à 2019, avec l’introduction de davantage de montures femmes à chaque collection. «La femme est une clientèle pour nous hyper importante», avance-t-il.

Autre segment porteur, celui des solaires. Gold & Wood travaille pour cela avec des verres Zeiss. Plus accessibles, des montures sont disponibles à partir de 300 euros, ils constituent une porte d’entrée vers la marque. Celle-ci se fait un nom sur le marché des lunettes puisqu’elle a remporté quatre Silmo d’or, les Oscars du métier en matière de design.


www.gold-and-wood.com