LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les sources de Rosport font pétiller bien des repas au Luxembourg

Voilà bien un produit qu’on ne trouve qu’au Luxembourg: l’eau minérale de Rosport est omniprésente sur les tables des restaurants et dans les linéaires des supermarchés mais uniquement au Grand-Duché. «D’un point de vue écologique, transporter de l’eau hors des frontières ne fait pas de sens», commente le directeur des Sources Rosport, Max Weber. Une autre raison est plutôt d’ordre technique: «Si on devait servir le marché extérieur (en plus du marché domestique), on arriverait rapidement aux limites de notre outil de production», avance le Luxembourgeois.

L’eau à l’étiquette rouge pour celle sans gaz et bleue pour la pétillante sont et restent donc des produits locaux. Son histoire remonte à 1955, une époque où la famille Bofferding souhaitait diversifier ses activités. Elle mandate alors le géologue Michel Lucius pour dénicher une source. C’est à Rosport, à l’Est du pays, qu’il la trouve… et que l’usine d’embouteillage tourne toujours. Par contre, la famille Bofferding s’est retirée de la société, actuellement administrée par des industriels Luxembourgeois tels qu’Edmond Muller (Moulins de Kleinbettingen), Serge Libens (Lëtzebuerger Stad Brauerei et M Immobilier) ainsi que Carlo Schlesser (SGG), à en croire le Recueil électronique des sociétés et associations.

Lëtzebuerger Journal

La bouteille en verre brille

La marque luxembourgeoise revendique une part de marché autour de 23% sur le segment des eaux minérales naturelles. «Nous ressentons une demande prononcée pour des achats locaux ainsi que la mouvance du PET vers les bouteilles consignées», note le directeur. «Aujourd’hui, la bouteille 1 litre consignée a une croissance de plus de 30%», explique-t-il. Cette conscientisation écologique des consommateurs se dédouble en un casse-tête logistique pour le minéralier: gérer les stocks de bouteilles pour pouvoir les remettre rapidement sur le marché, qui plus est lors des périodes de forte demande comme l’été.

«Chaque bouteille qui ne nous revient pas est une perte sèche», pointe Max Weber. Car à la différence des acteurs allemands qui ont un modèle unique de bouteille et peuvent donc y coller leur étiquette en la remplissant pour rapidement la remettre sur le marché, Rosport a fait le pari d’un modèle propre pour ses flacons.

Une manière de se différencier et d’affirmer son identité jusque dans les moindres détails mais avec en contrepartie le risque de voir ses bouteilles vides disparaître dans des casiers d’autres marques et ne jamais revenir à leur source.

«On va réfléchir à d’autres types d’emballages», confie le directeur qui entend redonner ses lettres de noblesse au plastique. Décrié par les uns, cet emballage est pourtant recyclable. Actuellement, les bouteilles en PET de Rosport sont composées de minimum 50% de matière recyclée et même 75% pour celles de couleur verte. «On va très certainement dans les années à venir lancer une bouteille en PET 100% recyclable», assure Max Weber.

L’entreprise peut compter sur un allié de poids: Valorlux qui approvisionne LuxPET, le fabricant des bouteilles en plastique de Rosport. «On peut faire ce circuit fermé parce que 95% des bouteilles de Rosport sont consommées sur le territoire et le comportement de tri des résidents est très avancé, on peut donc récupérer une très grande quantité de bouteilles», assure le responsable.

La carafe, un monde à part

Celui-ci entend développer un autre segment: celui des eaux aromatisées et des eaux avec jus de fruits dans lequel Rosport s’est lancé ces dernières années. «On a certains projets dans les tiroirs pour offrir une alternative locale aux grands groupes internationaux comme Nestlé ou Danone». Et à l’heure où certains demandent la gratuité de la carafe d’eau dans les restaurants, le responsable ne semble pas s’inquiéter. «Quand on déjeune et qu’on se fait plaisir, on veut une eau d’une certaine qualité, d’un certain goût et qui a de caractéristiques naturelles», soutient le directeur qui estime au sujet de l’eau en bouteille et de celle du robinet que «les deux produits sont complémentaires».
Actuellement, les Sources Rosport écoulent 40% de leurs volumes dans l’Horesca, 45% dans le commerce de détail et 15% dans les entreprises et collectivités.

www.rosport.com