LUXEMBOURG
CHARLES SCHAACK

Les incidents dans les stades luxembourgeois, que ce soit au niveau des clubs ou des moins de 13 ans, se multiplient. Les arbitres font l’objet d’agressions verbales de plus en plus violentes, voire même d’agressions physiques. Tout récemment, lors d’un match entre Lasauvage et Aspelt, un arbitre a de nouveau été agressé; des supporters auraient craché sur un arbitre adjoint lors d’une rencontre Jeunesse - Etzella. Une situation difficile à vivre alors qu’il est de plus en plus compliqué de trouver des arbitres dans de telles conditions. Charles Schaack, le patron des arbitres luxembourgeois, en appelle au civisme des clubs, des joueurs et des amateurs de football.

«Ces derniers incidents n’ont pas été plus graves que les autres, mais c’est surtout leur multiplication qui est inquiétante. La situation est malsaine, ce n’est malheureusement pas nouveau. Il n’y a pas que dans le football, les contrôleurs des CFL doivent aussi faire face à de plus en plus d’agressions de la part d’usagers. Nous demandons juste que les règles du jeu soient respectées, c’est notre rôle. Nous devons prendre une décision rapidement, qui sera tournée à l’avantage de l’une ou l’autre équipe.

Mais nous sommes arrivés à un stade où chaque décision fait l’objet de discussions, de critiques, de remise en cause. Le règlement n’est pas bien compris des joueurs, ce qui est déjà grave en soi, mais les entraîneurs sont dans le même cas, car ils sont sous pression, même chose pour les dirigeants de clubs. C’est pourtant le règlement et il devrait être accepté.

La critique constructive est une chose, nous ne sommes pas contre la discussion. Mais quand il y a un manque de respect, des attaques personnelles, cela va trop loin. La Fédération prend sa part de responsabilité, nous avons un prix du fair play qui est bien doté, les campagnes de sensibilisation existent, mais elles ne sont pas bien relayées au niveau des clubs. Un texte est par exemple donné en début de match par le speaker, mais les critiques fusent dès le coup d’envoi. En Allemagne, quelque 1.500 matchs ont été récemment annulés en solidarité avec un arbitre, il faut que l’on réalise qu’un match ne peut pas se dérouler sans nous. Nous devrions nous inspirer du rugby. Là, quand un arbitre siffle, des joueurs de plus d’1m et 120kg s’arrêtent et respectent sa décision sans discuter.

Cette ambiance fait fuir les possibles nouvelles recrues. Nous envoyons habituellement les jeunes arbitres, à 80% ils ont entre 16 et 20 ans, chez les moins de 13 ans, pour se forger une expérience.

Mais là aussi on ne leur laisse pas leur chance, les parents les insultent du banc, il faut se rendre compte de la violence des propos qu’ils ne supporteraient pas pour leur propre enfant. Le congrès des clubs la semaine dernière a évoqué le problème avec des mots très durs. Les campagnes de sensibilisation vont s’intensifier en espérant que cette fois les clubs prennent le relais et que les choses changent».