LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

L’effet du Brexit est marqué sur le secteur des assurances, qui a rendu lundi son bilan pour l’année 2018

Le commissariat aux Assurances a présenté lundi à la presse son bilan de l’année 2018, et elle a été pour le moins «particulière» selon les dires de son directeur général, Claude Wirion, qui a enregistré une baisse de 16,1% des résultats après impôts du secteur (à 647 millions d’euros), soit le niveau le plus bas enregistré depuis 2009, en grande partie en raison de l’assurance-vie, qui a lui accusé un recul de 29,6%.

Année exceptionnelle

«2017 a été une année exceptionnelle, nous voyons un retour à la normale. 2018 était encore une année de transition où l’on a eu une transition modeste de l’ordre de 3% de l’encaissement. Cette année, cela sera différent car les compagnies du Brexit ont seulement commencé à souscrire pour la plupart d’entre elles au 1er janvier de cette année-ci. Rien que pour le premier trimestre, on a vu un triplement de l’encaissement en assurance non vie», explique le directeur qui se réjouit déjà des chiffres du début de l’année 2019 qui devrait enregistrer une belle croissance pour l’année.

Pour ce qui est de l’assurance non-vie, la somme des bilans progresse de 13,8%, soit 15 milliards d’euros, pour l’encaissement de primes, la croissance est quant à elle de 5 milliards d’euros, soit une augmentation de 22,3%.

Les volumes restent bien plus importants du côté de l’assurance vie, les progressions ont été en revanche plus modestes au cours de l’année 2018: +2,2% pour la somme des bilans (183 milliards d’euros) et +2,5% d’encaissement (24 milliards d’euros).

Un secteur transformé

Du côté de la réassurance, son encaissement a logiquement reculé de 2,5% l’an passé à 10 milliards d’euros, après trois années consécutives de hausse, indique le rapport annuel. Enfin, du côté de l’emploi le secteur continue de se développer, avec 8.582 unités recensées l’an passé, soit une augmentation de 3,4%, pour 295 entreprises recensées fin juin 2019 (une supplémentaire par rapport à janvier 2018).

Le Brexit a une incidence sur les résultats de l’année puisque les compagnies continuent de trouver refuge en Europe continentale et en particulier au Luxembourg.

Mais ce n’est pas le seul changement de poids qui a pesé sur le secteur. En effet la directive sur la distribution d’assurance (IDD) a aussi transformé le secteur en 2018.

Boom des demandes d‘agrément

Une évolution jugée «spectaculaire» par Claude Wirion, qui a enregistré un boom des demandes d’agréments de la part des agents d’assurance.

Pour ce qui est de l’emploi, les nouvelles sont plutôt bonnes pour le secteur. En 2018, le nombre d’agents d’assurances nouvellement agréés a plus que doublé et s’élève à 301, sans compter 259 agréments au premier semestre 2019.

En conclusion, les résultats après impôts de l’ensemble du secteur recule de 16,1% en 2018pour s’établir à 647 millions d’euros.

«Les profits ont légèrement baissé certes, mais il faut y voir l’influence de notamment une compagnie qui est en phase de démarrage avec des pertes dans les premières années, ce qui est tout à fait normal. Il n’y a pas lieu d’être inquiet, les pertes d’aujourd’hui seront, nous l’espérons, les profits de demain», explique Claude Wirion.

Ce dernier est d’autant moins inquiet que les pertes de cette compagnie sont imputables au système comptable luxembourgeois, différent des normes IFRS, normalement appliquées. «Nous sommes dans un environnement très compétitif, mais les profits sont honorables», conclut le directeur.

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