LUXEMBOURG
CARINE NARDECCHIA

La Coupe du monde féminine de football s’est terminée dimanche en France après une médiatisation sans précédent de l’événement. Carine Nardecchia, ardente défenseuse du football féminin, espère bien que le tournoi va susciter des vocations et continuer à rendre la discipline plus populaire auprès des filles et des femmes.

«Depuis plusieurs années, le football féminin est en plein essor et continue à progresser constamment. Fortement médiatisée, cette Coupe du Monde pourrait enclencher l’économie du foot féminin, en tout cas je l’espère. Le chemin est encore long pour professionnaliser toutes les joueuses, mais on est sur la bonne voie et rien de mieux que cette Coupe du Monde pour mettre ces joueuses en vitrine et montrer leur talent. Je suis aussi d’avis que cette médiatisation donne au foot féminin un nouvel élan afin que celui-ci puisse passer à la vitesse supérieure. Avec la politique de développement et de formation des fédérations et des moyens financiers mis à disposition par la FIFA, on a tout simplement réussi à augmenter le niveau de jeu des filles. On voit une très nette amélioration au niveau du jeu, de la tactique, de l’intensité et du côté physique par rapport aux années passées.

Et aujourd’hui on peut dire avec fierté que la qualité du spectacle est là. Cela donne envie aux gens de les regarder jouer et de les encourager. Un sport en plein essor a toujours suscité l’intérêt chez les gens et cela on le remarque clairement aux nombres de spectateurs qui battent des records et des filles/femmes licenciées auprès des clubs... Ce nombre ne cesse d’augmenter au fil des années. Au Luxembourg nous avons 2.790 licences féminines toutes catégories confondues. Mon objectif pour les prochaines années sera d'améliorer les structures qui ont déjà été mise en place par Nico Schockmel et la fédération et de les peaufiner en y mettant du rythme et de la régularité.

Et je pense que cette Coupe du Monde, dont le niveau est élevé, va encore faire monter le nombre de celles-ci. De plus, les mentalités ont changé chez le gens, les barrières des cultures sont tombées et l’émancipation de femmes y est aussi pour quelque chose. Aussi chez les médias, la mentalité a bel et bien changé… Le foot féminin est aujourd’hui diffusé sur des grandes chaînes de télévision. On ne peut promouvoir une chose que lorsqu’on la met en vitrine et lorsqu’on lui donne de l’importance et de la reconnaissance. On a compris que le foot féminin avait un potentiel à exploiter et on est en train de voir l’impact que cela a sur notre société.

Ce qui reste tout de même important, c’est qu’on ne peut pas comparer le foot féminin et le foot masculin. C’est le même football, il n’y a pas de différence. On sait tous que les garçons sautent plus haut et courent plus vite que les filles. Mais c’est juste à mes yeux une différence de puissance. En plus comme dans chaque discipline sportive, on s’identifie forcément à une joueuse et on aimerait jouer et être comme elle. On les idolâtre… Je parle là de joueuses comme Ellen White, Alex Morgan ou encore Carly Lloyd, une joueuse expérimentée qui pratique ce sport depuis de longues années.

Il y a encore un immense potentiel dans le foot féminin qui devra être exploité dans les années à venir et je souhaiterais qu’un jour le foot féminin soit reconnu à sa juste valeur. Il ne faut pas fermer les yeux sur non pas une évolution, mais une révolution qui est en train de se passer dans ce sport et en profiter pour faire avancer les choses. On est sur la bonne voie.»