LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Après une folle semaine à Lisbonne pour le Web Summit vient le temps du bilan

Le Luxembourg n’avait pas de stand, mais à y regarder de plus près, les représentants du Grand-Duché étaient bien là durant le Web Summit de Lisbonne. Pour sa première participation, Jean-Michel Ludwig, directeur Business development de Luxinnovation, «en a pris plein la vue». C’est la première fois que le Grand-Duché a rassemblé ses forces et organisait un «side event», trois événements en un: présentation de l’écosystème luxembourgeois et pitch des investisseurs locaux, «start-up stories» avec concours de pitch de start-up luxembourgeoises et portugaises, et enfin une soirée table-ronde et networking.

Une bonne formule pour Jean-Michel Ludwig: «Nous aurions été contents avec cinquante participants, et nous avons eu plus du double. Nous avons bénéficié de l’effet de surprise, l’écosystème luxembourgeois n’est pas encore connu à sa juste valeur. Les participants ont apprécié que les investisseurs et les corporate se présentent, qu’ils énoncent clairement leurs besoins. C’était bien de leur donner la parole et cela va au-delà de l’aspect networking que l’on peut attendre de ce type d’événement».

Si ce dernier estime déjà qu’il faudra penser «plus grand» pour l’année prochaine, il n’est pas question actuellement que le Luxembourg opte pour un stand au Web Summit: «J’ai fait le tour afin de regarder quels pays étaient représentés. Même la French Tech avait un petit stand quand on pense qu’ils ont d’autres moyens que nous. Il faut voir le rapport coût/bénéfice d’un stand et pour le Web Summit il n’est pas là où on l’attend. Nous préférons rester concentrés sur l’organisation de side events», explique le directeur qui regrette un peu de ne pas avoir visé plus grand déjà lors de cette édition. «Nous ferons une campagne marketing plus en amont l’année prochaine pour avoir plus de monde, c’est une formule qui nous convient car dans le cadre d’un side event les personnes qui viennent sont vraiment intéressées, c’est plus qualitatif que des curieux qui passent devant votre stand».

Sur tous les fronts

Partir au sein d’une délégation a facilité les échanges avec les dirigeants d’entreprises luxembourgeoises, un plus pour Jean-Michel Ludwig: «Cela a permis de faire un networking interne, de prendre le temps de discuter avec les dirigeants de corporate aussi, d’identifier leurs attentes et leurs besoins. Nous avons également pu revoir des entreprises des Etats-Unis ou d’Israël avec qui nous avions déjà établi des premiers contacts».

Il faut dire que le Luxembourg multiplie les événements «tech» à l’étranger: Helsinki, Hanovre, Paris, l’équipe de Luxinnovation est sur tous les fronts. Mais la destination qui est en vogue en ce moment, c’est le Canada. Il faut dire que le créateur du Web Summit, l’Irlandais Paddy Cosgrove, voit les choses en grand. Il a largement fait la promotion de son événement équivalent à Toronto, «Collision». «Nous avons discuté avec des start-up canadiennes, et si je comprends bien, le Canada c’est “the place to be” en ce moment. Vu que la Silicon Valley est désormais inabordable, les start-up commencent à jeter leur dévolu sur le Canada, c’est là que les choses ont l’air de se passer. Nous allons donc regarder de près ce qui s’y passe et pourquoi pas nous rendre à Collision l’année prochaine», raconte Jean-Michel Ludwig.