LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Sarah Meyers est la première lauréate de la bourse De Mains de Maîtres

Un nouveau chapitre a débuté dans la carrière de Sarah Meyers. Le 17 janvier dernier, elle a reçu à la Chambre des Métiers la première bourse De Mains de Maîtres des mains du couple héritier. Ce chèque de 6.000 euros permettra à la designer de perfectionner sa maîtrise de la porcelaine à la cendre d’os pendant six semaines à Jingdezhen, en Chine.

«J’aime bien créer et avoir les mains dans le matériel», explique la trentenaire. «Je ne travaille pas trop à l’ordinateur: j’aime manier les matériaux et j’ai besoin de comprendre comment un matériel fonctionne pour avoir un bon design». Difficile à se procurer en Europe, la porcelaine à la cendre d’os l’est beaucoup plus facilement en Chine et particulièrement à Jingdezhen. Cette ville créative est même appelée la «capitale de la porcelaine»” et est le plus important centre de production de céramique en Chine.

Créations colorées

Le thème de prédilection de Sarah Meyers, c’est la couleur ou plus précisément son effet et sa variabilité selon les matériaux et les environnements. La porcelaine à la cendre d’os est particulièrement blanche et translucide. Mais la designer y intègre des couleurs pour réaliser des effets particuliers.

Pour son travail de fin d’études, Sarah Meyers a réalisé un abat-jour coulé en couches de porcelaine multicolores. En allumant la lumière, les couleurs coulées en superposition deviennent visibles.

«La couleur fait que la porcelaine fond beaucoup plus vite au four», détaille la Luxembourgeoise. «On doit apprendre beaucoup plus à faire attention aux températures», ajoute-t-elle.

Un duo entre Berlin et Luxembourg

Des textiles à la céramique colorée en passant des cadres, Sarah Meyers travaille en association avec Laura Fügmann. Ce duo évolue entre Luxembourg et Berlin où elles tiennent une galerie.

«Berlin est une ville très jeune, tout semble être possible, il y a beaucoup de personnes créatives là-bas et le prix des loyers est assez bon marché», explique Sarah Meyers. «Mais j’ai le sentiment que ça change à Luxembourg: cette ville me semble beaucoup plus ouverte, beaucoup de choses s’y passent dans les arts et le design avec l’ouverture du 1535, la Biennale du design, et les évènements au Mudam, au Cercle cité et aux Rotondes. Il y a beaucoup plus d’énergie qu’il y a dix ans».

L’agenda de Sarah Meyers est donc divisé entre Berlin et Luxembourg, sans oublier les autres villes où elle a déjà eu l’opportunité d’exposer ses créations comme New York, Amsterdam, Genève ou encore Milan. A chaque exposition son cadre. «On montre les œuvres à des publics différents, tantôt des professionnels comme à Milan, tantôt au grand public comme à Luxembourg, l’interprétation est différente», explique la jeune femme.

Celle-ci ambitionne de se concentrer davantage sur le volet produit cette année. «Avec Laura Fügmann, on veut continuer le design d’objets pour l’intérieur». Son voyage en Chine se profile pour le début de l’automne. Mais d’ici là, la designer espère avoir le temps de poursuivre ses recherches et expérimentations sur les matériaux.


meyersfuegmann.com