LUXEMBOURGCATHERINE KURZAWA

Les Journées de l’Economie de PwC ont débuté hier à la Chambre de Commerce

La stratégie digitale du Luxembourg était au cœur de la première partie des Journées de l’Economie, hier. Organisé par PwC, l’évènement a attiré des centaines de participants qui ont notamment pu suivre l’intervention de Dominique Roux, le directeur de la chaire Economie numérique à l’Université Paris-Dauphine. «Si j’étais décideur au Luxembourg, je créerais la plus grande université numérique en Europe ou au monde», appuie-t-il. Car si l’économie numérique métamorphose la société et son organisation, elle n’en reste pas moins en manque de compétences. La Commission européenne estime qu’il manque cette année 700.000 postes dans le numérique alors que dans le même temps, 5,5 millions de jeunes sont au chômage.

Un nouveau vivier d’entreprises

La transformation numérique est visible partout. Une étude de Mc Kinsey montre que près de trois Français sur quatre estiment que le numérique a changé leur manière de travailler. «Mais ils ont le sentiment que le travail est devenu moins humain», souligne Dominique Roux. Plus intellectuel, plus abstrait, «la nature même du travail est en train de changer».

Si d’un côté certains découvrent tout cela, d’autres ont baigné dedans: les «digital natives». Ces jeunes nés à partir des années 1980 n’ont pas connu la vie sans instantanéité de la communication. Individualistes, mais aussi axés sur les économies, ces nouveaux consommateurs sont les moteurs des entreprises 2.0.

Celles-ci décentralisent certaines transactions et facilitent les échanges entre les parties. Elles s’appellent BlaBla Car, Uber, AirBnB mais aussi Booking.com.

«Des parts importantes de l’économie migrent», souligne le conférencier qui ajoute que de nouveaux métiers commencent à apparaître dans près de six entreprises sur dix comme le «chief data officer» et le «data protection officer».

Des piliers, mais aussi des freins

L’économie numérique se fonde sur trois piliers. Tout d’abord, le «Big Data» génère un immense flux de données qui ont besoin d’être filtrées et transmises au bon correspondant pour en tirer leur potentiel.

Les médias sociaux jouent aussi un rôle clé dans la mesure où ils sont devenus des canaux de communication à part entière aujourd’hui.

À côté de ces deux éléments, le «cloud computing» occupe également une place de choix même s’il engendre un risque accru de vol des données.

La sécurité, au même titre que les incertitudes règlementaires, le manque de volonté managériale et le manque de compétences techniques sont autant de freins à la transformation numérique. Dominique Roux avance aussi le facteur de coût et la résistance de certaines personnes face à cette évolution.

Mais qu’on le veuille ou non, elle a déjà fait son nid et cela, dans toutes les activités. «On est passé d’une économie industrielle à une économie immatérielle y compris dans les pays émergents», pointe le conférencier. L’ouverture à la concurrence a aussi alimenté la machine qui représente aujourd’hui 6% du PIB mondial soit 3.500 milliards d’euros.

En Allemagne, cette part est de 4,08% et même de 5,85% au Royaume-Uni. Raison de plus pour ne pas négliger un secteur qui, s’il a des lacunes, reste un moteur de croissance non négligeable.