LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Dominique Nemery a lancé sa propre marque, Amatera Cosmétiques

Lassée de ne pas trouver des produits qui lui conviennent, Dominique Nemery finit par créer ses propres recettes cosmétiques. Elle lance sa propre marque, Amatera Cosmétiques en 2018, se lance à plein temps dans l’aventure à la mi-2019 et ne regrette pour rien au monde ce virage. Pourtant, rien ne la prédisposait à devenir vendeuse de produits de beauté. Cette diplômée de HEC Bruxelles, titulaire d’un MBA, se lance dans une carrière en banque privée, puis commerciale dans le secteur IT et enfin en gestion de projet. Elle se lance par la suite en consultante indépendante, après la crise de 2008.

 En parallèle, elle commence à s’intéresser aux cosmétiques fait maison dans les années 2000, faute d’être satisfaite des produits grand public industriels. Elle débute avec les huiles essentielles et végétales et parfait ses techniques au fil des essais: shampoing sec, crème pour le corps, pour le visage, elle y consacre de plus en plus de temps libre et échange sur le sujet avec d’autres passionnés. Lors d’une mission à temps partiel où Dominique Nemery se retrouve avec beaucoup de temps libre, elle franchit le pas: «J’ai lancé ma propre marque, avec dans l’idée de proposer des produits naturels, unisexes et vegan. J’ai trouvé un laboratoire en Belgique pour produire ma crème qui associe 12 huiles qui règlent tous les problèmes de peau». Elle envoie ainsi ses recettes au laboratoire qui a développé ses produits à partir de ses idées. Il a fallu 18 mois pour faire certifier ses produits, dont 6 mois de tests en laboratoire, une durée incompressible pour attester de l’innocuité des crèmes.

Campagne de crowdfunding sur Ulule

Une fois les produits sortis du laboratoire, il a fallu trouver comment les vendre. «L’idée de départ était de vendre en ligne, justement pour éviter les marges des intermédiaires, et proposer ainsi des prix plus justes». L’entrepreneuse se lance alors dans une campagne de crowdfunding sur Ulule pour lancer un nouveau produit et ainsi faire connaître sa marque: «C’est la plateforme où il y a le plus de cosmétiques. Grâce à mon réseau et d’autres, ma campagne a été couronnée de succès, à 123%!».  La pimpante quinqua s’inscrit dans le courant «pro age», pour une beauté positive. Pour elle, si cette entreprise est une deuxième vie, elle veut aussi via ses produits donner une seconde vie à la peau.
Avec une cible assumée de clients de plus de 40 ans, elle assure que 35% d’hommes ont choisi de soutenir sa campagne, signe que ces messieurs ont aussi à cœur de prendre soin de leur peau.

Pour faire connaître sa marque, Dominique Nemery mise sur le marketing digital, mais également des pop-up stores qui donnent l’occasion de présenter la marque et surtout d’essayer les produits. «On peut vous parler d’une odeur douce ou d’une texture ultra pénétrante, il n’y a rien de mieux que de voir par soi-même comment la peau réagit. Une fois qu’on a vécu une cette expérience, alors on peut commander en ligne, surtout que nous livrons partout dans le monde». Jusqu’à présent, la marque était principalement vendue en France, Belgique et Luxembourg, mais des clients se sont manifestés de Suisse récemment. Seule aux commandes, elle cherche à intensifier sa présence sur les réseaux sociaux, pour s’imposer dans le monde très concurrentiel de la beauté. Dominique Nemery est en pleine levée de fonds, mais difficile au Luxembourg d’attirer les investisseurs: «La priorité est mis à la Fintech ici, j’ai du mal à être prise au sérieux avec mon créneau beauté», alors qu’elle aurait besoin d’entre 500.000 et deux millions d’euros pour faire décoller sa marque. «Il faut aller plus loin que ce qui est fait actuellement. Evidemment, si Sophie Marceau faisait la promotion de ma crème, je n’aurais plus de souci à me faire, mais il va falloir être plus créative!».

amateracosmetics.com