Moins de billets, plus de pièces
Sécurité oblige
Marques historiques
Peu de gens l’ont oublié: 40,3399, c’est le taux de conversion entre le franc luxembourgeois et l’euro lancé il y a tout juste 20 ans. Voilà le premier élément concret pour le grand public qui attendait l’arrivée de la monnaie unique européenne. A vrai dire, le 1er janvier 1999, l’euro est devenu la devise officielle de l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et le Portugal. Leurs devises ont ce jour-là cessé d’exister… officiellement du moins. Plus précisément, en vertu du droit européen, elle est devenue une subdivision de l’euro. Car ce n’est qu’au 1er janvier 2002 que l’euro est concrètement arrivé dans les portefeuilles.
Le lancement de l’euro sous forme scripturale a littéralement ouvert un nouveau chapitre de l’histoire économique. Six mois après la création de la BCE (Banque Centrale Européenne) et de la BCL (Banque Centrale Luxembourgeoise), les habitants des onze premiers pays adhérents à l’euro ont commencé à voir fleurir dans les catalogues et les rayons des supermarchés un double affichage des prix, dans leur devise nationale et en euros.
Commerçants et grand public parés
„Il y a eu une grande campagne de communication de la BCL à l‘époque“, évoque Peter Deutschen, qui travaille à la Section Contrôle de la circulation fiduciaire à la BCL. L’objectif était double: sensibiliser la population au changement de monnaie avec d’une part, un double affichage des prix et d’autre part, une démonstration pratique de ce à quoi ressemblerait les billets et pièces de la future monnaie unique.
„L’introduction des billets et des pièces a été une opération de logistique majeure, d’une envergure exceptionnelle qu’il fallait réussir“, se souvient Patrice Bernabei du Département Caisse et numismatique de la BCL. Les banques ont ainsi reçu, quelques semaines avant l’introduction de l’euro, des signes monétaires qui sont restés propriété de la BCL jusqu’au 1er janvier 2002. Quant aux commerçants, ils ont pu acheter un „starter kit“ comprenant des rouleaux entiers des huit pièces en euro afin qu’ils puissent rendre la monnaie en euros dès les premiers jours de mise en circulation de la monnaie unique. Le public lui aussi pouvait acheter un starter kit d’une valeur de 500 francs soit 12,40 euros qui comportait des pièces afin qu’il se familiarise avec les nouvelles pièces. „Ce „starter kit“ a d’ailleurs de nos jours une valeur parmi les numismates“, souligne Patrice Bernabei qui évoque un prix d’environ 25 euros sur certains sites web ou revues numismatiques.
Le franc LUF, toujours en circulation
Le 1er janvier 2002, nombreux sont ceux et celles à avoir été au distributeur de billets une fois les douze coups de minuit passés. Ça y est, l’euro était concrètement disponible pour tous. Mais les devises locales n’ont pas disparues du jour au lendemain. Après une période de double circulation des devises, les ancêtres de l’euro n’ont plus été acceptés dans les commerces. C‘était la fin de leur cours légal.
„Encore aujourd’hui, nous estimons que l‘équivalent de 5 millions d’euros de francs LUF sont toujours en circulation“, explique Peter Deutschen. Mais où donc se dissimule cette somme? Difficile à dire mais le comptoir numismatique de la BCL accepte encore à ce jour d‘échanger les francs LUF en euros. Attention, seuls les billets portant la mention „Institut Monétaire Luxembourgeois“ sont encore échangeables, tandis que l‘échange des pièces n’est plus possible depuis fin 2004. Des personnes se présentent parfois avec des coupures de francs LUF qu’ils ont retrouvées en vidant l’habitation d’un proche décédé par exemple ou en effectuant des travaux de rangement.
Mais „certaines personnes aiment garder des anciens billets de banque comme un souvenir“, admet Peter Deutschen. Après tout, ces objets ont fait partie de la vie quotidienne de nombreuses personnes pendant toute une partie de leur vie. Les données de la BCL en attestent: le billet de 100 francs, soit la plus petite coupure en valeur faciale, est celle qui est encore la plus en circulation avec près de 800.000 exemplaires recensés.


