LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le départ de Lufthansa de l’actionnariat de Luxair pourrait contraindre l’Etat à augmenter sa participation dans la compagnie aérienne

La rentrée se profile avec déjà quelques gros dossiers qui pointent leur nez à l’horizon. Parmi eux, le départ annoncé de Lufthansa de l’actionnariat de Luxair. Hier sur les ondes de la radio 100,7, le ministre du Développement durable et des Infrastructures a fait savoir que l’État pourrait reprendre les 13% en question, mais que «l’État n’est pas prêt à payer n’importe quel prix et n’entend pas se laisser faire par Lufthansa». Clairement, François Bausch digère mal l’annonce du retrait de la compagnie allemande, couplée à celle de l’ouverture de liaisons entre Luxembourg et Munich au moment où Luxair stoppe les siennes.

Contacté par nos soins, le ministre précise qu’aucun calendrier n’a été mis sur la table et que l’heure est surtout aux «négociations avec Lufthansa pour voir si les actionnaires actuels font valoir leur droit de préemption». Une autre piste pourrait aussi être l’entrée d’un nouvel actionnaire au sein de la compagnie luxembourgeoise. Là, François Bausch reste muet quant à l’identité des candidats potentiels.

Gare à la majorité

Car une reprise des 13% des parts de Lufthansa par l’Etat pourrait poser problème. Il deviendrait majoritaire avec 52,05% de la compagnie et cette situation serait contraire au droit européen. «Ça resterait certainement temporaire, l’Etat n’est pas intéressé à prendre plus de 50% de parts pour toujours», tempère François Bausch. Actuellement, Luxair compte 110.000 actions pour un total de 13,75 millions d’euros. En cette période de turbulences, le ministre se montre clair: «Mon souci, c’est de mettre Luxair dans la meilleure situation industrielle pour son avenir». Et entre la perte en juin dernier de la gestion des boutiques de l’aéroport et la venue d’ici à la fin de l’année d’un appel d’offres international pour la gestion des bagages à lux-Airport (une activité jusqu’ici exploitée par Luxair), il est clair qu’il vaut mieux attacher sa ceinture car la fin de l’année risque d’être agitée pour la compagnie luxembourgeoise.