L’homme d’affaires helvète Yves Bouvier pousse un ouf de soulagement. Hier, son avocat a annoncé à la presse la levée du gel des avoirs de son client à Singapour, son lieu de résidence. En fait, le patron de la société-mère du Freeport Luxembourg faisait l’objet d’une injonction Mareva, qui de facto bloquait tous ses avoirs. Selon le verdict rendu par la Cour d’appel, l’injonction en question n’a pas été utilisée à son but premier, à savoir empêcher la dissimulation des avoirs du Suisse, mais plutôt pour faire pression sur lui.
Yves Bouvier fait l’objet d’une bataille judiciaire avec le milliardaire russe établi à Monaco, Dmitry Rybolovlev. Ce dernier accuse le marchand d’art de lui avoir vendu des tableaux surfacturés en prenant des plus-values considérables. De son côté, Yves Bouvier affirme avoir pratiqué des commissions de l’ordre de 2%. Une ligne de défense qui interpelle les autorités judiciaires, qui constatent qu’usuellement, elles sont de l’ordre de 20%. Des zones d’ombres subsistent donc sur le tableau qui va désormais migrer vers la Suisse. Les deux parties ont en effet convenu que c’était le lieu le plus approprié pour trancher l’affaire.
En attendant, la levée du gel sur les avoirs d’Yves Bouvier ouvre la porte à un possible retour de l’homme d’affaires sur le devant de la scène. Il dirige Natural Le Coultre, une société helvète spécialisée dans le transport et le stockage d’œuvres d’art. Elle exploite le Freeport de Genève, un concept de port-franc dédié à l’art qui a ensuite été exporté à Singapour en 2010 et à Luxembourg quatre ans plus tard. En avril dernier, Yves Bouvier s’est retiré de la direction du Freeport Luxembourg, et Olivier Thomas lui a succédé.
En congé du conseil d’administration au Luxembourg
Actuellement, le Genevois siège au conseil d’administration du port-franc mais est en congé, comme le précise le directeur général David Arendt. Interrogé au sujet d’un éventuel retour du Suisse au Senningerberg, le responsable répond simplement: «Pas à ma connaissance».
«Je suis ravi que la Cour d’appel ait déchargé les injonctions Mareva qui pesaient contre moi et MEI Invest (sa société, ndlr.), et ait aussi dénoncé cela comme un abus de procédure judiciaire. Je suis heureux que ma position ait été justifiée», a commenté Yves Bouvier.
À noter que l’intéressé fait encore l’objet d’une enquête à Monaco et qu’à Hong-Kong, une ordonnance civile de blocage est toujours d’application.



