DU RAYONNEMENT DE LA DÉCLARATION UNIVERSELLE DES DROITS DE L’HOMME

Du rayonnement de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

Si elle n’est pas contraignante, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 a été «une étincelle au rayonnement important», souligne Matthew Happold, professeur de droit public international à l’Université du Luxembourg et membre de la Commission Consultative des Droits de l’Homme. Juridiquement parlant donc, cette Déclaration n’impose rien à personne et n’est pas l’équivalent d’un Traité international au-dessus des lois nationales. Mais l’intention du groupe de travail sur la Déclaration a bien été d’en faire un traité. Ce n’est que bien plus tard, en 1966 que cette vision devenait une réalité avec le Pacte International relatif aux droits civils et politiques entré en vigueur en 1976. En 1966 aussi a été adopté le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Les discussions autour de ces traités ont pris plus d’une décennie. Matthew Happold donne à considérer qu’il faut toujours remettre ces négociations dans les contextes géopolitiques de l’époque, marqués par la Guerre Froide et des constitutions parfois très rétrogrades dans certains Etats. Directement inspirée par la Déclaration de 1948, la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du jeune Conseil de l’Europe de 1950 a posé les bases pour la garantie des droits de l’homme dans les pays membres. «Aujourd’hui, tout le monde peut s’adresser à la Cour Européenne des Droits de l’Homme» pointe Matthew Happold, qui souligne aussi: «vous savez, la Déclaration de 1948 et les textes qu’elle a inspirée plus tard, ce n’est pas juste une affaire d’avocats. Ils nous concernent tous en tant que citoyens et en tant qu’humains».