LUXEMBOURG
AGNÈS SABATTINI

„L’eau: la réponse est dans la nature“: c’est le thème de la Journée Mondiale de l’Eau cette année. Tous les ans depuis 1993, cette journée fixée au 22 mars à l’initiative des Nations Unies vise à sensibiliser à une utilisation raisonnable de cette ressource rare. Il faut savoir par exemple que seulement 3% de l’eau disponible sur la planète est de l’eau douce et que de ces 3%, près de 2,3% sont contenus dans des glaciers, donc peu accessibles. Il faut savoir aussi que l’Homme a besoin de 3 à 4 litres par jour pour survivre. Dans certaines parties du monde, l’alimentation en eau est loin d‘être garantie, comme au Sahel par exemple. Agnès Sabattini de SOS Sahel International Luxembourg explique le enjeux.

„L’eau est une ressource à préserver à chaque instant. Elle est aussi au coeur du développement durable, car la vie, l’environnement et l‘économie en dépendent directement. C’est ainsi que l’Assemblée générale des Nations Unies a intégré l’eau et son utilisation dans les Objectifs du Millénaire pour le Développement à l’horizon 2030, afin de garantir à tous les êtres humains le droit de vivre dans la dignité. „L’objectif de développement durable n° 6“ entend ainsi garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau avec notamment l’objectif de réduire de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et d’augmenter considérablement à l‘échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau. Le thème de la Journée de l’Eau de cette année, „L’eau, la réponse est dans la nature“, s’attache à explorer les différentes manières dont nous pouvons utiliser la nature pour surmonter les défis de l’eau du XXIe siècle. Enjeu très important, car les dommages environnementaux, associés aux changements climatiques, sont à l’origine des crises liées à l’eau que nous observons dans le monde entier. Les inondations, la sécheresse et la pollution de l’eau sont aggravées par la dégradation de la végétation, des sols, des rivières et des lacs. Lorsque nous négligeons nos écosystèmes, il est plus difficile de fournir à tous l’eau dont nous avons besoin pour survivre et prospérer. Il est évident que nous devons faire beaucoup plus avec l’infrastructure „verte“ et l’harmoniser avec l’infrastructure „grise“ dans la mesure du possible. Planter de nouvelles forêts, reconnecter les rivières aux plaines inondables et restaurer les zones humides permettra de rééquilibrer le cycle de l’eau et d’améliorer la santé humaine et les moyens de subsistance. Quelques chiffres pour illustrer le déséquilibre actuel et futur du système: plus de 80% des eaux usées provenant des lieux d’habitation, des villes, de l’industrie et de l’agriculture sont rejetées dans la nature sans aucune dépollution. Par ailleurs, au moins 1,8 milliard de personnes dans le monde utilisent une source d’eau potable qui est contaminée par des matières fécales. Et d’ici à 2050, au moins une personne sur quatre est susceptible de vivre dans un pays affecté par des pénuries d’eau chroniques ou fréquentes. Que fait SOS Sahel concrètement pour contrer cette évolution inquiétante? Nous avons par exemple contribué à la réalisation d’un micro-barrage sur la mare de Lofiné au Mali, qui aura permis une augmentation de 60 hectares des terres inondées en hivernage et une augmentation de 150 hectares de la forêt. En Somalie, nous contribuons à un forage et à la réparation de puits et d’abreuvoirs sur la zone de Johwar, où arrivent de nombreux réfugiés fuyant le conflit dans ce pays africain. Il est urgent d’en faire plus et je profite de l’occasion pour lancer un appel aux dons pour financer de nouveaux projets permettant l’accès de tous à ce trésor rare qu’est l’eau douce“.