LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Le LCGB lance une consultation de ses membres chez Cargolux

Un nouvel épisode de la saga sociale s’ouvre dans la série Cargolux. Hier, le LCGB a annoncé le lancement d’une consultation de ses membres afin de lancer une série d’actions. «Si nous avons 75% de oui, il y aura grève», a expliqué le secrétaire syndical Aloyse Kapweiler. Celui-ci a détaillé les nombreuses pierres d’achoppements entre le syndicat et la direction.

Tout d’abord, il y a cette convention collective dénoncée à la fin de l’année dernière et qui prendra officiellement fin le 1er décembre prochain. La direction a signé en juillet dernier un accord de principe sur un nouveau texte mais seulement avec l’OGBL. En théorie, l’accord des deux syndicats est requis pour faire passer le texte. Ensuite, le LCGB dénonce l’annulation de la «scope clause» qui délimite l’outsourcing. S’il accepte que Cargolux ait un appareil en Italie, étant donné qu’il y bénéficie des droits de vol pour le Japon, le syndicat estime qu’avec quatre appareils pour Cargolux Italia, la compagnie outrepasse les principes d’outsourcing et tend vers le dumping social. «Il y a un manque à gagner de 5 millions d’euros par an pour le Luxembourg», a souligné le secrétaire syndical. Enfin, le syndicat estime que la compagnie cargo pourrait réaliser 9,27 millions de dollars d’économies par an rien qu’avec les pilotes. Dans un schéma détaillé remis à la presse hier, le syndicat montre les concessions qu’il se dit prêt à faire pour garantir la tant attendue paix sociale au sein de Cargolux. «Avec le personnel au sol, on pourrait encore économiser 500.000 dollars environ», a ajouté Aloyse Kapweiler.

Un développement au ralenti

Actuellement, Cargolux emploie 1.320 salariés au Luxembourg, dont 450 pilotes pour ses 21 appareils. Mais avec son développement en Italie, le groupe y a engagé une centaine de salariés. «Cela empêche la croissance ici», a dénoncé Aloyse
Kapweiler. Ce dernier espère avoir, dès la fin de la semaine prochaine, les résultats de la consultation histoire d’ouvrir la porte à une nouvelle phase d’une zone de turbulences dont on voit de moins en moins la fin.