LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Comme prévu, le Inifinity Shopping a officiellement ouvert ses portes jeudi au Kirchberg

Tapis rouge, crémant et petits fours, les invités à ’inauguration de l’Infinity Shopping étaient regroupés jeudi dans ce nouvel espace commercial. Avec un chantier entamé en mars 2017, c’est un tour de force qu’a opéré le promoteur Immobel en ouvrant officiellement jeudi. Les logements, eux, prendront encore quelques mois avant d’être prêts, mais du côté des commerces, la plupart ont ouvert leurs portes pour accueillir leurs premiers clients: Delhaize Proxy, Urban Move, Paul, Cocottes etc. Du côté du promoteur Immobel, Olivier Bastin, CEO, estime participer à redessiner le paysage de la Ville de Luxembourg, en voyant en hauteur. «Verticalité et mixité urbaine sont les clés pour une meilleure mobilité car on rapproche lieu de vie, de travail et les commerces». Le manque de commerces était jusque-là criant pour cette partie du Kirchberg composée uniquement de bureaux et de la Philharmonie. Une ambiance un peu glaciale après les heures de bureau.

Cette présence, notamment commerciale, a donc pour objectif de donner de la vie au quartier, explique François Bausch, le ministre de la Mobilité: «Il manquait une vie commerciale place de l’Europe, c’est un projet qui s’inscrit pour transformer le Kirchberg en un lieu de vie, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Avec aujourd’hui 6.000 à 7.000 habitants, notre objectif est que le Kirchberg passe à 30-35.000 habitants», sans préciser toutefois l’échéance.

«Ce quartier avait besoin d’un coeur»

Rapprocher le lieu de travail, de vie et les commerces est également prôné par la bourgmestre Lydie Polfer, qui est revenue sur les erreurs passées dans le développement du Kirchberg: «Ce quartier avait besoin d’un coeur. Le Kirchberg est aujourd’hui en grand déséquilibre bureaux / habitations, et il y a de la marge pour créer des habitations». L’élue a d’ailleurs suivi le projet de très près, en accompagnant «de façon droite», en réponse à Olivier Bastin qui a évoqué plus tôt l’«exigence» de la Ville de Luxembourg pendant les cinq ans qui ont précédé. C’est d’ailleurs comme cela que justifient les officiels l’ouverture d’un énième centre commercial dans le pays.

Après l’ouverture du centre de la Cloche d’Or au mois de mai, les premières boutiques du centre Royal-Hamilius début novembre, Lydie Polfer a pourtant coupé quelques rubans en peu de temps. Mais pour l’édile, «le Kirchberg est un quartier qui regroupe 40.000 emplois et pour créer une atmosphère de convivialité, il faut des endroits où les gens peuvent se retrouver, tout ce qui est le complément naturel de l’habitat, c’est ce qui est fait ici. Le succès est déjà au rendez-vous pour les restaurants, ce qui montre que c’était le bon choix à faire», martèle-t-elle. Du côté des commerçants, la clientèle premium réputée du Kirchberg est visée par Claude Wagner, patron de Urban Move, une nouvelle marque du groupe Bati C. «C’est un nouveau concept dédié à la mobilité électrique haut de gamme, avec remplacement de sa trottinette le temps de la réparation. Côté fitness, nous proposons notre analyse de pied pour guider sur les marques adaptées aux chaussures de course à pied. La boutique est adapté aux besoins des employés de bureau du quartier», raconte le dirigeant qui estime cependant être limité à l’avenir pour les «click and collect» (commander sur internet et collecter en magasin) de gros objets, car les possibilités de stationnement ne sont pas adaptées. Mais le principe est de toucher des clients qui viennent du quartier ou en transports en commun, pratique d’ailleurs car la station de tram est pile devant le centre commercial. Un peu plus loin, les clients se pressent déjà au Delhaize Proxy, principalement pour acheter leur déjeuner. Chaque magasin est géré individuellement au Luxembourg, ici Minh Tram est le gérant de cette nouvelle franchise, composée de 16 employés, dédiée principalement aux habitants du quartier, mais également à ceux qui veulent venir acheter des repas frais sur leur pause de midi. Une façon de se démarquer des supermarchés classiques qui proposent des plats préparés, sous vide.

Dawn Reed-Buur est gérante de la partie «Ardoise gourmande», importée d’un concept développé en Suisse, où supermarché se mêle à traiteur. Dès l’entrée du magasin, le comptoir accueille les clients, avec une cuisine en arrière-fond. Finalement la partie supermarché est secondaire, en arrière-plan. Les cuisiniers proposent chaque jour des recettes différentes de plats chauds, avec les produits proposés en magasin: «L’idée est double: proposer des plats composés à partir de produits frais, mais aussi réduire le gaspillage alimentaire», explique-t-elle. Ainsi, tous les produits qui arrivent à deux jours de la date limite de consommation sont retirés des rayons pour atterrir en cuisine. Les quiches et autres recettes salées et sucrées sont disposées dans des grands plats, comme à la maison. L’aspect frais est mis en avant. Si quelques tables sont disposées dans un coin pour pouvoir consommer sur place, le concept reste néanmoins d’emporter les plats pour les manger de retour au bureau.