LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

La Bourse de Luxembourg annonce un nouvel indice et une plate-forme centrale

Ils étaient des centaines d’actifs dans le milieu de la finance réunis ce lundi soir au Kirchberg, à l’occasion de la 31ème édition de la Journée boursière. Cette année, la Bourse de Luxembourg a reçu Yves Mersch en tant qu’orateur invité. Mais l’évènement est aussi l’occasion pour la direction de l’institution de faire le point sur son activité, et d’annoncer quelques nouveautés.

Ainsi, on retiendra deux annonces du CEO de la Bourse de Luxembourg, Robert Scharfe. D’une part, l’institution lance FUNDSQUARE, qui est en fait la concrétisation du projet «Fund Market Infrastructure». Cette plate-forme de centralisation des données et de standardisation des procédures «permettra des économies d’échelle significatives», appuie la Bourse de Luxembourg. Son lancement est prévu au troisième trimestre de cette année et la structure devrait compter 30 employés «avec des compétences techniques éprouvées, dont la plupart recrutés récemment sur le marché», précise le responsable.

D’autre part, la Bourse de Luxembourg mise aussi sur la diversification de sa stratégie, avec le lancement au 1er juillet de l’indice Lux RI Fund, un indice d’investissements responsables. «Il aidera les investisseurs et les asset managers à évaluer la performance du segment de l’investissement durable», détaille Robert Scharfe. Le nouvel indice sera en fait composé des 20 fonds les plus importants en matière d’investissements responsables, basés au Luxembourg.

La crise pèse sur les résultats

Le directeur exécutif est également revenu sur le bilan 2012 de la Bourse de Luxembourg. Son chiffre d’affaires total a progressé de 9%, à 48,5 millions d’euros. Mais dans le même temps, le bénéfice net a «diminué significativement.» Restant discret sur les chiffres, Robert Scharfe a souligné les causes de cette baisse, à savoir le projet de développement de l’institution avec la création de FUNDSQUARE et du nouvel indice. «Ceci était déjà pris en compte dans nos
projections et nous sommes dès lors capables de distribuer le même dividende que l’année dernière, de 50 euros par
action.»

Par ailleurs, la Bourse de Luxembourg indique que 71 États souverains ont établi leur place de cotation à Luxembourg, mais le total des lignes de cotation a reculé de 5%, à 42.000 unités. La faute à la situation économique globale, mais aussi à l’échéance de certaines obligations non renouvelées, précise le CEO.

Trois pierres d’achoppement

De son côté, le président du conseil d’administration de la Bourse de Luxembourg est revenu sur le 50ème anniversaire de l’émission du premier Eurobond, et sur le dossier toujours brûlant d’une taxe sur les transactions financières. Pour Frank Wagener, «il n’y a aucun doute que le secteur financier devrait apporter une contribution équitable aux finances publiques.»

Mais fidèle à la position du Luxembourg, resté en dehors du club des onze pays à prendre part à la taxe Tobin, le responsable a d’emblée tempéré ses propos.

Premièrement, il existe un risque de problèmes juridiques liés aux mesures d’anti-évitement. Dans un second temps, les conséquences d’une pareille taxe ne sont pas à néglier: «Son introduction endommagera l’économie réelle en modifiant la structure du marché et le comportement.» Enfin, le président du conseil d’administration redoute que les investisseurs supportent une large part des coûts de la mesure, au détriment des institutions financières.

S’ouvrir aux PME

Enfin, l’évolution du paysage économique retient l’attention de Frank Wagener. Le développement des PME est une réalité ancrée, avec dès lors une volonté: ouvrir le financement à ces catégories d’entreprises.

«Je suis persuadé que la Bourse de Luxembourg a certainement son rôle à jouer dans le financement des PME, notamment dans le domaine de la titrisation», fait savoir le responsable devant un parterre attentif.
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