LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Les réactions se poursuivent dans cette déferlante européenne

Ce lundi a été le jour des réactions, et des actions dans certains cas. Réactions des organisations de consommateurs, du monde politique, mais aussi de certaines sociétés incriminées.

Ainsi, Spanghero, le fournisseur en viandes de Comigel a soutenu qu’il n’exerçait aucune «activité d’achat, de revente ou de transformation de produits à base de viande de cheval.»

Le dernier maillon de la chaîne côté français assure acheter de la viande «comme étant du bœuf d’origine UE», et affirme même avoir reçu la visite des agents de la répression des fraudes vendredi dernier, qui ont vérifié la traçabilité et la conformité des procédures du groupe basé dans le sud-ouest de la France.

Un intermédiaire de plus?

La balle semble plus que jamais renvoyée côté roumain, où deux abattoirs fournissent la viande à Spanghero. Ils seraient basés à Botosani et à Kronstadt, à l’est et au centre du pays. Et en Roumanie, c’est plutôt le monde politique qui prend la parole dans ce dossier, et défend bec et ongles son industrie.

Lors d’une conférence de presse, le Premier ministre Victor Ponta a affirmé que Spanghero «n’a eu aucun contrat direct avec des sociétés roumaines.» Bref, il y aurait, à en croire le responsable, un énième intermédiaire dans ce parcours sinueux.

Actions modérées

Côté actions, des réunions de crise ont été organisées en France notamment, tandis qu’aux Pays-Bas et en Belgique, des enquêtes ont été ouvertes. Au Luxembourg, les ministères de l’Agriculture et de la Santé ont souligné dans un communiqué qu’«il s’agit d’un cas de tromperie inacceptable du consommateur sans aucune incidence sur la santé publique.» Bref, pas d’alerte sanitaire mais application du principe de précaution oblige, certaines enseignes ont ôté les produits Comigel de leurs rayons. C’est le cas d’Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Monoprix et Picard.

Un business lucratif

Si on ignore pour l’instant l’identité et la provenance précise de l’intermédiaire qui a étiqueté frauduleusement la viande de cheval en bœuf, une chose est certaine: il avait gros à gagner. Le prix moyen de la viande chevaline est de 2,20 euros, et celui de la viande bovine de 3,70 euros. Quant à la possible implication de la Roumanie, un risque énorme pèse sur le pays et son économie. En 2010, il a exporté pour 30,1 millions d’euros de viandes. Et au cours de ces trois dernières années, les exportations de viande chevaline ont dépassé celle de bœuf, avec 14.000 tonnes de produits.

Bref, la saga est loin d’être terminée d’autant que les premières conclusions d’enquêtes ordonnées ces derniers jours devraient tomber à la fin de la semaine, et qu’au même moment, une réunion est d’ores et déjà prévue à Bruxelles pour tenter de mettre au clair ce qui s’apparente comme étant un parcours de plus en plus long, et de surcroît étrange, pour ce qui n’est jamais qu’un plat préparé.