LUXEMBOURG
RANA ABDEL AL

Face au Covid-19, Handicap International a dû réinventer son emblématique Pyramide du mois d’octobre.  Mais pour l’organisation, la lutte pour l’interdiction des armes explosives en zones peuplées continue. Rana Abdel Al, kinésithérapeute pour HI et qui rencontrera début octobre les ministres Jean Asselborn et Franz Fayot à Luxembourg, explique son travail auprès des personnes handicapées. Nombre d’entre elles ont été blessées pendant la guerre en Syrie.

«Les réfugiés syriens au Liban sont très pauvres et leur situation s’est aggravée ces derniers mois. En raison de la crise économique qui sévit depuis un an et de la pandémie de Covid-19, beaucoup n’arrivent plus à payer leur loyer et craignent d’être expulsés. Le chômage est récemment monté en flèche et beaucoup de familles n’ont plus de revenus. Je vois des familles qui réduisent leur consommation alimentaire ou qui n’ont pas la possibilité d’accéder aux services médicaux, par exemple parce qu’elles doivent prendre le bus pour se rendre au dispensaire et qu’elles n’ont pas de quoi payer leur ticket... Ces personnes sont désespérées.

HI aide les personnes blessées et handicapées dans leurs quartiers et les camps de réfugiés grâce à des équipes de proximité qui fournissent des services de réadaptation à domicile. Nous proposons aussi des séances dans plusieurs centres de réadaptation. Nous sommes partenaires de deux organisations locales spécialisées dans les services de réadaptation et de quatre dispensaires. Depuis le mois de janvier, nous sommes venus en aide à plus de 400 personnes, dont 250 réfugiés syriens. Nous fournissons également aux personnes blessées et handicapées, ainsi qu’aux ONG et dispensaires locaux, des prothèses et des orthèses ainsi que des aides à la mobilité.

Lorsqu’une personne a perdu une partie de sa mobilité à cause d’un accident de la route, de la guerre ou pour une autre raison, la réadaptation peut lui éviter de développer un handicap permanent. D’autres personnes ayant définitivement perdu une partie de leur mobilité ont besoin de services de réadaptation pour éviter des complications médicales comme des contractures musculaires. Ces problèmes limitent la capacité d’une personne à se déplacer et à mener des activités physiques, mais beaucoup retrouvent un certain niveau de mobilité grâce à une prothèse, un fauteuil roulant ou un ambulateur...

En ce moment, j’aide une petite fille syrienne atteinte d’une lésion médullaire qui a été causée par un bombardement en Syrie alors qu’elle avait 2 ans. Elle a aujourd’hui 9 ans et ne pouvait pas marcher jusqu’à récemment. Nous lui avons fourni une orthèse, un ambulateur et des séances de réadaptation qui lui ont permis d’apprendre à marcher. Elle ira bientôt à l’école comme n’importe quel enfant de son âge. Je m’occupe aussi d’un jeune homme qui a perdu ses deux jambes en marchant sur une mine. Depuis l’accident, il vivait à l’écart de sa communauté. Il peut maintenant marcher grâce à deux prothèses.

Au niveau national, nous menons un projet pour favoriser l’inclusion des enfants handicapés dans les écoles. J’évalue la condition physique de près de 75 enfants qui ne peuvent pas aller à l’école en raison de leur handicap. L’objectif principal est de leur fournir des équipements adaptés ou de proposer des services pour rendre les écoles accessibles aux enfants handicapés.»

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