LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Luxembourg for finance note une croissance significative de la place en 2019

Lors d’un bilan de l’année 2019 publié mercredi, Luxembourg for finance (LFF) se félicite que Luxembourg soit devenu la juridiction européenne de choix pour l’industrie des investissements alternatifs, ainsi que pour les établissements de paiement et de monnaie électronique. Pour preuve, la CSSF a délivré 111 nouvelles licences d’exploitation à divers gestionnaires d’actifs, sociétés de capital-investissement, banques et établissements de paiement, et 8 autres licences ont été délivrées à des compagnies d’assurance par le Commissariat aux assurances (CAA), l’autorité de régulation spécialisée du secteur.

L’effet Brexit a continué à se faire sentir. Dans le secteur bancaire, malgré une période de «consolidation» à travers l’Europe, cinq nouvelles banques se sont installées au Luxembourg: Banking Circle, RBS International et Northern Trust ont toutes reçu de nouvelles licences bancaires, tandis que HSBC et Barclays ont ouvert de nouvelles succursales. Parmi elles, Banking Circle a créé son nouveau siège mondial à Luxembourg, permettant à ses clients de réaliser des projets à l’échelle internationale en utilisant les services financiers de Banking Circle. Northern Trust a établi sa banque européenne au Grand-Duché sous la forme d’une «Societas Europaea», avec des succursales au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Suède. Barclays a ouvert une succursale afin de fournir des services bancaires de transaction à ses clients d’entreprises internationales par l’intermédiaire de sa nouvelle plateforme numérique.

Dans le même temps, State Street Bank (101 salariés), HSBC Private Bank (32 salariés), KBC Asset Management (19 salariés) et RBC (201 salariés) ont procédé à des plans sociaux. Ce qui n’a pas influencé le nombre total de salariés du secteur note le CEO de LFF Nicolas Mackel: «Depuis plusieurs années le secteur financier enregistre une croissance de 2% de l’emploi, même si c’est peut-être un peu moins dans les banques. Il s’agit d’une période de transition car les profils changent dans le secteur, globalement le nombre d’employés continue de croître».

Depuis le référendum de Brexit en 2016, le Luxembourg a connu un regain d’intérêt de la part des entreprises qui planifient leurs futures activités européennes et transfrontalières. Alors qu’une soixantaine de sociétés financières a annoncé publiquement la délocalisation des activités au Luxembourg en raison de Brexit, le nombre réel est de plus de 70, avance Luxembourg for finance. Si cela ne se traduit pas encore en terme d’emplois, cela n’inquiète pas du tout Nicolas Mackel: «Nous sommes tous en position d’attente car personne ne peut prévoir la tournure du Brexit», ce dernier préfère s’intéresser au fait que le droit luxembourgeois est de plus en plus choisi par les institutions internationales actives sur les marchés financiers.

Du droit anglais au droit luxembourgeois

L’Union européenne et la Communauté européenne de l’énergie atomique (EURATOM) ont notamment décidé de faire passer le cadre juridique de leurs programmes d’émission de dette du droit anglais au droit luxembourgeois. Le mécanisme européen de stabilité (MES), l’un des plus grands émetteurs de dette au monde, a annoncé qu’il utilisera exclusivement le droit luxembourgeois à l’avenir, et la Banque européenne d’investissement (BEI), le plus grand prêteur au monde, passe du droit anglais au droit luxembourgeois pour son activité de prêt.

2019 a été également l’année de l’essor de la finance durable. En juin, la Banque mondiale a notamment choisi de répertorier les 174 obligations de développement durable du Luxembourg.

Un tiers de toutes les obligations vertes cotées dans le monde ont été inscrites à la Bourse verte du Luxembourg (LGX) en 2019, ce qui a permis d’ajouter 72 milliards d’euros de nouvelles cotations. La LGX a plus que doublé le nombre total de ses titres verts, sociaux, de développement durable et ESG, passant de 252 à 558, soulignant ainsi la position du Grand-Duché en tant que première plateforme mondiale de cotation des obligations vertes. D’autres obligations sociales et durables ont également connu une croissance significative, passant de 40 à 248. LGX affiche désormais plus de 610 titres d’une valeur de plus de 216 milliards d’euros. Le nombre de produits d’investissement labellisés par la Luxembourg Finance Labelling Agency (LuxFLAG) a augmenté de 78% l’année dernière, pour atteindre 183 produits d’investissement labellisés dans 7 juridictions, représentant 72,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Ces produits labellisés sont gérés dans 14 pays, d’où l’importance pour le Luxembourg de mettre en avant les compétences ESG d’un fonds au niveau international.