LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Au vu des chiffres de la CSSF, la place financière luxembourgeoise maintient le cap

Jean Guill en est persuadé: «2013 est un bon cru.» Malgré le contexte de transition et d’harmonisation règlementaire, «la place financière s’est renforcée et diversifiée», appuie le directeur général de la CSSF. Il faut dire que les métiers de la place évoluent, et avec eux leur nombre d’entités (voir tableau). Et sur le front de l’emploi, l’heure est à la stabilisation avec 44.222 salariés, soit 0,5% de plus qu’en 2012. D’un côté, les entreprises d’investissements ont réduit la voilure de 3,8% et de l’autre, les sociétés de gestion ont fait le plein de 18,6% d’effectifs.

Bilan contrasté

Un phénomène à nuancer doublement. D’une part, deux grandes entreprises d’investissement se sont transformées en sociétés de gestion. D’autre part, hausse de l’emploi ne veut pas forcément dire création nette de nouveaux postes. Avec 713,38 milliards d’euros, la somme des bilans des banques diminue de 2,9%. Une situation qui n’est pas partagée par l’ensemble des institutions de la place, puisque certaines développent leurs activités, et sont «généralement originaires d’un pays tiers à l’UE.» Le résultat net diminue de 0,9% à 3,5 milliards d’euros dans un contexte particulier, entre baisse de la marge sur intérêts et hausse des revenus nets de commissions.

Du côté des PSF, le tableau est contrasté avec une chute de la somme des bilans et du résultat net des entreprises d’investissement, dont deux grandes entités ont glissé de catégories vers les sociétés de gestion. Du côté des PSF de support, tous les indicateurs sont au vert alors que pour les PSF spécialisés, la somme des bilans progresse mais une entité de taille importante ayant connu des difficultés, le résultat net chute de 39,1%.

Autres acteurs clés de la place financière: les organismes de placement collectif (OPC) voient leurs actifs nets gérés croître de 9,7%, pour un patrimoine global de 2.615,4 milliards d’euros. Et le secteur marque un nouveau record puisqu’en incluant les OPC à compartiments multiples, 13.685 unités économiques étaient en activité à la fin de l’année passée.

Grands préparatifs

La publication du rapport d’activités de la CSSF, c’est aussi l’occasion de faire le point sur les tâches du gendarme de la place financière. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne s’est pas tourné les pouces. L’an dernier, l’organisation a surveillé 631 émetteurs de valeurs mobilières admises à la négociation, dont 229 luxembourgeois. La Commission de Surveillance du Secteur Financier a reçu 960.000 déclarations de transactions sur actifs financiers, ouvert trois enquêtes et traité 61 requêtes des autorités étrangères. Il faut dire que la mise en place du Mécanisme de Surveillance Unique, des nouvelles exigences prudentielles et plus largement de l’accroissement des volumes et de la complexité des produits financiers demandent de plus en plus de moyens. L’an dernier, les frais de fonctionnement de l’institution s’élevaient d’ailleurs à 56,4 millions d’euros.

En mai 2013, la CSSF a mis en place son service «SSM», chargé de l’application du mécanisme de surveillance unique sous l’égide de la BCE. Car si Francfort assurera dès novembre la surveillance directe des entités importantes, celle des établissements de moindre envergure revient à la CSSF, au Luxembourg.

Un changement qui a conduit l’organisation à étoffer ses rangs de 58 salariés pour atteindre les 493 agents en décembre. Et le recrutement continue, assurent les responsables qui s’apprêtent par la même occasion à regrouper toutes leurs activités sous le même toit, en face du siège actuel de la CSSF. Avec 620 postes de travail répartis sur 7.000 m², les agents pourront profiter de ce nouveau cadre de travail à partir de juin 2015.


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