LUXEMBOURG
PAUL HEBER

Ce lundi 16 avril est la Journée mondiale contre l’esclavage des enfants. Un fléau peu visible mais qui fait pourtant partie de la réalité. L’Unicef tente d’agir contre ce phénomène à travers notamment sa campagne #ENDviolence. Son responsable de la communication au Luxembourg, Paul Heber, nous détaille cela.

„L’esclavage, c’est une exploitation et un enfant qui ne peut pas jouer ou aller à l‘école - c’est-à-dire mener son enfance - est un enfant exploité. Entre 150 et 160 millions d’enfants âgés entre cinq et quatorze ans sont exploités à travailler dans le monde, cela représente un enfant sur six dans cette tranche d‘âge. En Afrique sub-saharienne, un enfant sur quatre âgé entre cinq et 17 ans travaille. Ce ratio est d’un enfant sur huit en Asie et d’un sur dix en Amérique Latine.

Toutes ces formes d’exploitation sont souvent très violentes parce que les enfants n’ont pas de droits et sont traités comme de la marchandise. Prenons l’exploitation sexuelle par exemple, 15 millions d’adolescentes âgées de 15 à 19 ans font part de rapports forcés dans leur vie et seulement 1 pourcent d’entre elles a sollicité l’aide de professionnels. 

Certains enfants connaissent à peine la joie de jouer car ils doivent grandir trop vite. La raison ce cela, c’est la pauvreté. Ces enfants vivent dans un petit village et s’occupent de leur survie et de celle de leurs proches: cette aide dans l’organisation de la communauté fait qu’ils n’ont pas le temps d’aller à l‘école. Qui plus est, l‘école est souvent considérée comme une perte de temps parce qu’on n’en voit pas les effets immédiats. Or, les problèmes de ces familles sont immédiats. 

L’Unicef est présent dans toutes les zones concernées avec sa campagne #ENDviolence. Son objectif est de rendre visible ce qui est invisible. Il s’agit de choses que même au Luxembourg on peine à imaginer tout simplement parce qu’on ne les voit pas. Nous avons un réel problème avec la visibilité mais il est important de parler du problème et de faire des rapports à ce sujet. C’est un travail lent, pas très visible et qui relève du tabou car d’une part, on ne veut pas le croire. Et d’autre part, les victimes éprouvent beaucoup de difficultés à en parler.

Unicef propose de parler de cette problématique, de déstigmatiser, d’aider les enfants victimes et de prévenir d’autres cas. Rappelons que la Convention relative aux droits de l’enfant précise que chaque enfant a droit à une enfance.“