LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Environ 1% des entreprises du pays sont engagées dans la RSE - décryptage

Il figure parfois aux côtés du rapport annuel des grandes entreprises: le rapport RSE ou responsabilité sociétale des entreprises (RSE) n’aborde pas les questions financières mais plutôt environnementales, sociales et éthiques des sociétés. De la quantité de papier utilisée au nombre d’heures dédiées à des activités de bienfaisance ou encore aux mesures de prévention en matière de santé au travail, tels sont les sujets qui peuvent être abordés dans ce type de rapport.

La Fondation Idea a.s.b.l. a décidé de se pencher sur la RSE et pose la question: le faire sans le savoir, le dire pour le croire? Car en publiant ce type d’informations, les entreprises jouent deux cartes: «Faire et faire savoir qu’on le fait», résume l’économiste et auteur de l’étude, Sarah Mellouet.

281 entreprises engagées sur 22.465

Elle a dénombré 281 sociétés ralliées aux deux principaux catalyseurs du pays, l’INDR (Institut national pour le développement durable et la RSE) et IMS («Inspiring More Sustainability Luxembourg»), soit 1,2% des firmes ayant au moins un salarié. Sans surprise, les petites entreprises sont proportionnellement moins engagées dans la RSE, reflétant un manque de moyens humains et de temps. «Il y a encore un grand travail de sensibilisation et de séduction à faire auprès des grandes» entreprises, pointe l’économiste puisque 70% d’entre-elles ne sont ni labellisées par l’INDR, ni membres du réseau IMS.

Dans le top 100 des entreprises luxembourgeoises en termes de profit, «59% faisaient un reporting RSE», souligne Sarah Mellouet. Attention, par reporting on n’entend pas forcément la publication d’un rapport mais la publication d’indicateurs sur des aspects liés à la RSE, par exemple sur leur site web.

«Sur la production de rapports, le Luxembourg est bien derrière d’autres pays», note l’économiste. En juillet 2016, le Luxembourg a transposé la directive européenne à l’origine de la RSE, à savoir la directive sur la publication d’informations non financières. Si on s’en tient aux principes édictés par le texte européen, «moins de dix entreprises sont concernées par l’obligation de reporting ou l’explication de non reporting».

Elles sont néanmoins plus nombreuses à s’être engagées dans des démarches RSE. «Il y a une forme d’anticipation de la contrainte publique», résume Sarah Mellouet. Reste que les entreprises sont libres de définir leurs propres indicateurs RSE dans leurs publications. «C’est une bonne manière d’éluder d’autres indicateurs», note l’économiste qui voit dans la démarche une possibilité de générer une meilleure gestion du risque, en particulier de réputation.

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