LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA & AUDREY SOMNARD

Du côté des analystes, on temporise le rejet de l’accord de Brexit

Si dans le camp de la politique les réactions étaient plutôt négatives au lendemain du rejet de l’accord sur le Brexit, l’heure était plutôt à la relativisation du côté des analystes économiques. «Je pense que les marchés ont déjà intégré cette situation», avance Bruno Colmant, «Head of Macro Research» au sein de la Banque Degroof Petercam et professeur à la «Luxembourg School of Finance». «Le Parlement européen va accepter le report du délai actuellement fixé à mars parce que cela génère trop de problèmes pour le Royaume-Uni et ses partenaires. Et en cas de “no deal”, logistiquement, il serait impossible à mettre en œuvre au niveau des infrastructures douanières, rien n’est prêt».

«Je suis plutôt confiant. Nous ne souhaitons pas le Brexit, mais ce n’est pas une catastrophe non plus», avance pour sa part Etienne de Callataÿ, économiste en chef et président du conseil d’administration d’Orcadia AM. L’intéressé appelle à «ne pas dramatiser l’incidence sur la croissance économique de l’UE»: «Les Britanniques vont garder 40 années d’intégration européenne, avec les mêmes normes et les mêmes standards, il en va de l’intérêt de leurs entreprises». Seule inquiétude selon l’économiste, «en cas de Brexit dur, le pays sera tenté de faire du dumping fiscal et social, la concurrence sera un grand risque en terme de compétitivité».

«Rien de fondamental n’a changé»

L’heure est aussi à la relativisation pour Aberdeen Standard Investments. «Les marchés seront agités dans les prochains jours, mais il ne faut pas oublier que rien de fondamental n’a changé ce soir. La chose la plus sage pour les investisseurs à court terme est ne rien faire», souligne son économiste Stephanie Kelly. Et au CIO du gestionnaire d’actifs DWS de reconnaître que «la probabilité d’un Brexit difficile a augmenté». Mais pour Stefan Kreuzkamp, «souvenons-nous: l’entreprise a commencé par un échec sous David Cameron. Pourquoi ne finirait-il pas par finir comme ça? Le comportement des politiciens britanniques à ce jour n’a certainement pas atténué nos inquiétudes à cet égard». L’avenir nous le dira.