CHARLOTTE HONOREZ

Les mutilations sexuelles féminines sont pratiquées par différentes ethnies dans de nombreux pays africains. L’excision est une mutilation et un traumatisme affectif, souligne Charlotte Honorez, gestionnaire de projets MGF et enfance en détresse au sein de la Fondation Follereau. Avec ses partenaires locaux, cette organisation s’engage pour la protection des fillettes.

«Selon la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’excision est une altération intentionnelle des organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales. Aujourd’hui, plus de 200 millions de jeunes filles et de femmes dans 30 pays d’Afrique, du Moyen Orient et d’Asie sont concernées par cette pratique. Ces pratiques sont également présentes dans certaines communautés d’immigrants en Amérique du Nord et en Europe. L’excision est donc une violence sexuelle mais aussi physique et psychologique, dont les conséquences sur le long terme sont nombreuses et lourdes, comme par exemple un risque accru de complications pendant l’accouchement, des problèmes urinaires, sexuels ou encore psychologiques. Au Mali par exemple, pays d’intervention de la Fondation Follereau, la prévalence de l’excision chez les femmes de 15 à 49 ans est de 85,2%. Au Burkina Faso, on parle de 75,8%. Au Mali, où aucune loi n’interdit la pratique, il est plus difficile de briser le tabou. Les femmes sont encore peu nombreuses à oser témoigner des séquelles dont elles souffrent. Pourtant, la Fondation Follereau et son partenaire sur le terrain, COFESFA, détectent ces quelques femmes pour ensuite leur proposer une réparation chirurgicale. Aussi, les exciseuses traditionnelles sont sensibilisées aux dangers de l’excision et sont ensuite formées en alphabétisation et en gestion pour pouvoir démarrer une nouvelle activité génératrice de revenu. Il arrive que certains villages entiers décident de signer un protocole d’abandon de la pratique, ce qui signifie que les habitants s’engagent à ne plus jamais perpétuer cette tradition dans leur village.

Au Burkina Faso, il est beaucoup plus facile d’identifier des femmes souffrant de séquelles car une loi interdit la pratique des mutilations génitales féminines et enfreindre la loi mène à des poursuites pénales. Depuis 2015, une centaine de femmes a pu bénéficier d’une réparation chirurgicale grâce au projet. La lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF) a par ailleurs été intégrée au programme national des écoles. Le partenaire de la Fondation Follereau sur le terrain, l’AAB-FFL, participe à former les enseignants sur ce programme dans la province de la Sissili où la Fondation est active. Des campagnes de sensibilisation dans les villages font changer les mentalités.

Cette année, de nouvelles perspectives ont pu être développées avec nos partenaires comme par exemple d’augmenter le nombre de femmes identifiées pour être réparées au Mali malgré les difficultés liées au contexte et la mise en place d’un système de référencement des femmes vers des centres habilités. Au Burkina Faso, la formation des enseignants sur le nouveau programme national scolaire est une nouvelle composante du projet. Dites NON à l’excision en participant au concert d’Inna Modja organisé par la Fondation Follereau à l’Atelier ce samedi 25 février.»