LUXEMBOURG
OLIVIER ROUSSEAU

Les percussions de «The Wave Quartet» en concert Camerata à la Philharmonie

Les percussions en concert. Voilà qui vaut toujours à leurs spectateurs une aventure aussi exaltante pour les oreilles que pour les yeux! Tel a encore été le cas ce lundi à la Philharmonie avec la prestation du «Wave Quartet». Un concert de percussions commence déjà avant qu’il ne soit commencé! Le plus souvent en effet, le spectateur découvre sur le plateau tout un bric-à-brac qui l’interpelle immédiatement.

Cette fois, une belle «batterie» de poêles et de casseroles (ne jetez pas les vôtres, elles pourront être ainsi recyclées), quelques gongs superposés, une panoplie de tambours de toutes tailles, et, majestueux quadruplés, vedettes de la soirée, quatre marimbas - c’est-à-dire des xylophones sur pieds, dotés de résonateurs tubulaires qui prolongent la durée du son.

Spontanéité extrême

Si le matériel accroche le regard, il en va tout autant du jeu des percussionnistes: debout, quatre baguettes coincées dans les doigts, ils se multiplient pour interpréter à la fois exactement et personnellement des pièces qui, malgré leurs apparences d’extrême spontanéité, sont strictement «notées» sur une partition. L’épreuve est technique et musicale, elle est aussi physique: un percussionniste bondit et rebondit, plonge et se redresse, court d’un instrument à l’autre ou bat des mains jusqu’à créer des effets stroboscopiques. A la Philharmonie, à l’occasion de ce concert Camerata organisé hier par les Solistes Européens, les spectateurs ont découvert une combinaison originale, un quatuor de marimbas: «The Wave Quartet», fondé en 2008 «dans les couloirs» de l’Université privée Anton Bruckner à Linz en Autriche par un professeur - Bogdan Bácanu - et trois de ses élèves - Vladi Petrov, Christoph Sietzen et Emiko Uchiyama.

A l’origine, il s’agissait pour eux d’interpréter sur leurs instruments percussifs des concertos pour clavecin de Jean-Sébastien Bach. Une idée originale et bienvenue dans la mesure où les sonorités des marimbas prolongent dans d’autres échos celles du clavecin.

Virtuosité et musicalité

Mais l’autre soir, il s’agissait de bien autre chose. Christoph Sietzen s’est d’abord produit en solo, avec notamment une pièce époustouflante de Iannis Xenakis multipliant les univers sonores sur des tambours. Virtuosité et musicalité.

Ensuite, place au quatuor. Pour qualifier l’interprétation des pièces de Josh Groban (une chanson adaptée), Emmanuel Séjourné (un magnifique concerto aux belles atmosphères contrastées) et Astor Piazzolla (les rythmes et climats du tango), les mêmes mots sont nécessaires: virtuosité et musicalité. Ajoutons-y synchronisation, bonheur de jouer ensemble et de partager ce bonheur avec le nombreux public.

Un public qui, pour manifester sa joie, est lui aussi devenu percussionniste en battant encore et encore des mains dans de longs applaudissements!