POST Group Luxembourg poursuit sa mutation. Après son changement d’identité visuelle il y a deux ans, l’entreprise s’apprête à entrer dans le capital de la Banque Raiffeisen, à hauteur de 30 millions d’euros. L’Etat étant l’actionnaire unique de POST, il deviendra donc actionnaire indirect de la banque coopérative. On le sait depuis un an, celle-ci va reprendre les comptes CCP.
Désormais on sait aussi que les comptes chèques postaux évolueront dans une nouvelle structure, avec d’autres produits comme dans le segment «business to business» et la palette de services proposés par la Banque Raiffeisen. Selon le Statec, il existait fin 2013 141.904 CCP au Luxembourg. Mais l’activité accuse un déficit de 25 millions d’euros par an, a rappelé le ministre Etienne Schneider hier à la Chambre des Députés.
Des postshops qui piquent le marché
Autre annonce, celle d’un partenariat renforcé avec le groupe Cactus. En mai dernier, deux «Point POST» ont ouvertdans les supermarchés d’Howald et de Redange, avec un objectif affiché de couvrir l’ensemble des 21 supermarchés du groupe d’ici la fin de l’année prochaine. Hier, le Ministre de l’Economie et Vice-premier ministre a fait un pas de plus en annonçant que les bureaux de poste «cèderont peu à peu leur place à des “postshops” au sein des enseignes du groupe Cactus dans lesquelles les clients pourront s’adonner à toutes activités postales.» A noter que le pays compte 97 bureaux de poste dont trois génèrent 60% de l’ensemble des transactions. Un déséquilibre énorme donc, qui incite à évoluer en plusieurs phases. Il est d’abord question de voir quels bureaux pourront subsister à terme face aux «postshops». Et avec des arguments comme des heures d’ouverture étendues, des parkings aisés et gratuits, il y a fort à parier que le réseau des points POST l’emportera peu à peu sur une bonne partie des bureaux.
Un projet de loi déposé
Un nouveau projet de loi relatif à l’entreprise a été déposé à la mi-mars à la Chambre des Députés. L’analyse des articles est prévue pour la rentrée mais Etienne Schneider s’est montré rassurant: le statut des agents du groupe POST Luxembourg ne sera pas affecté. L’idée est en fait de passer outre les barrières actuelles présentes dans la structure. Par exemple, la structure collégiale du groupe ne permet pas de responsabiliser chacun des directeurs dans la structure exécutive.
Dans un autre registre, le groupe ne peut pas recruter des spécialistes dans le privé pour les besoins de sa direction, car celle-ci est uniquement composée de fonctionnaires payés selon le statut de la fonction publique. La réforme de POST Group Luxembourg s’annonce donc profonde, un peu à la hauteur de l’entreprise. Celle-ci est le deuxième employeur du pays avec 4.250 collaborateurs, a rappelé le ministre de l’Économie hier. Qui plus est, elle compte une vingtaine de filiales.


