LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Avec la crise, la digitalisation du processus de recrutement se fait à marche forcée

L’économie tourne au ralenti, mais la technologie a permis une certaine continuité grâce au télétravail. C’est la même chose du côté du recrutement, ralenti certes, mais avec les bons outils digitaux, les responsables des ressources humaines ont pu néanmoins faire avancer les processus de recherche de candidat.

«Les entreprises qui n’étaient pas digitalisées ont eu des difficultés sans ces outils, mais cela a été particulièrement utile dans les processus de recrutement», explique Mike Reiffers, co-fondateur de Skeeled, une jeune pousse luxembourgeoise qui propose un logiciel de recrutement qui «trie» efficacement les CV des candidats, compare les compétences et expériences grâce à l’intelligence artificielle. «C’est un gain de temps même par rapport aux logiciels dit traditionnels, nous mettons par ailleurs l’accent sur les tests de personnalité», poursuit Mike Reiffers.

Le confinement a bousculé les habitudes de toutes les entreprises, en particulier dans les départements des ressources humaines particulièrement sollicités en début de crise. «Ces départements étaient dans un premier temps complètement submergés car ils ont dû mettre tout le monde en télétravail en même temps, ce qui a mobilisé beaucoup d’équipes et d’énergie. Puis ils ont dû reprendre les recrutements en cours, même si certains ont été gelés. Ils ont pu continuer le processus, mais en digital», explique l’entrepreneur.

Les clients ont pu constater que le digital leur permettait de continuer leur recrutement quasi en business as usual, alors que les autres, coincés, ont porté un regain d’intérêt vers des outils comme celui de Skeeled: «Les entreprises qui n’avaient pas de stratégie digitale ont beaucoup souffert car elles n’étaient pas prêtes pour cette crise. La demande a alors explosé de la part des départements RH, l’impact de l’investissement dans ces outils digitaux avait été sous-estimé. De l’autre côté, la réaction des clients a été plus que positive. La croissance de la demande est là», estime t-il.

Mais même si la crise a cruellement fait ses preuves, le secteur n’est pas des plus ouverts au changement soupire Mike Reiffers: «C’est un secteur très traditionnel, les routines sont ancrées, on observe même parfois un refus d’allers vers la modernité. Pourtant nos outils n’enlèvent en rien l’accompagnement humain d’un recrutement réussi, je crois que cette crise a été un réveil dont le secteur avait bien besoin».

Le monde du travail post-Covid passera par l’intelligence artificielle

Guide aux entreprises

La pandémie COVID-19 a souligné la nécessité de l'intelligence artificielle (IA) et le rôle qu'elle joue dans le monde du travail. Pour aider à faire la lumière sur ce sujet et offrir un guide détaillé sur la façon de mieux tirer parti de l'utilisation de l'IA dans le monde post-COVID-19, le Boston Consulting Group (BCG) et la Fondation du groupe Adecco ont publié une étude conjointe.
La recherche intitulée Artificial Intelligence in the Workplace se concentre sur les cols blancs des secteurs tels que les services financiers, l'assurance, les consommateurs et la vente au détail et est basée sur une enquête auprès de plus de 1.000 travailleurs et praticiens des ressources humaines de neuf pays.
«Alors que 85% des cadres, des managers et des analystes s'attendent à ce que l'IA ait un impact positif sur les entreprises, ils manquent souvent d'une stratégie claire pour son intégration sur le lieu de travail», indique l’étude.
La recherche examine comment les emplois de cols blancs ont été affectés par la montée en puissance des nouvelles technologies et comment les entreprises peuvent réussir à tirer parti de la collaboration homme-machine.
À cette fin, la recherche identifie six recommandations et bonnes pratiques spécifiques pour aider et guider les entreprises: Responsabiliser les managers en tant que champions du numérique, surmonter la résistance au changement technologique, cultiver la capacité des gens à apprendre, combler le fossé entre experts et travailleurs, augmenter l'investissement dans la culture d'apprentissage et construire une stratégie holistique.  LJ