LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Le secteur ICT a tiré son épingle du jeu durant cette crise, et espère que les bonnes habitudes vont perdurer

Personne ne pensait en début d’année à se mettre à des apéros sur Zoom, suivre une classe sur son ordinateur, consulter son médecin en ligne ou encore travailler à temps plein de la maison. Explosion de l’utilisation du cloud, des milliers d’employés confinés chez eux en télétravail, la digitalisation est devenue en quelques semaines une réalité.

L’association ICT Luxembourg (qui rassemble les acteurs ABBL, APDL , Alfi, APSI, Cloud Community Europe Luxembourg, Clusil, Fedil ICT, Fédération des Intégrateurs, Finance Technology Luxembourg, Lëtzblock, et Opal) est revenue dans un «position paper» cette semaine sur le rôle du secteur dans la crise qui a frappé le pays.

Pour cette dernière, si les services de première nécessité et un certain nombre d’entreprises de services ont pu continuer à fonctionner grâce aux outils de digitalisation. «Le secteur ICT a absorbé le choc sans trop d’écueils. Les fournisseurs de technologies et de services ICT ont dû faire face eux-mêmes à des challenges multiples et complexes, mais ils ont pu assurer la continuité des services pour leurs clients», indique l’association.

En ces temps de confinement, la technologie a été partout: elle a relié les personnes entre-elles, avec leurs familles et leurs amis ; elle a permis de conserver l’indispensable contact et compensé l’éloignement physique à travers les canaux numériques.

Elle a notamment permis à maints secteurs de réorganiser le travail et de maintenir une activité économique minimale et les services pour leurs clients. En un mot, la technologie s’est rendue indispensable.

Téléconférences et e-learning

Les téléconférences, le travail collaboratif, l’e-learning… se sont imposés à tous. «Si cette crise
avait frappé nos sociétés il y a à peine 10 ou 15 ans - à une époque où l’ICT était bien moins disponible et mature -, l’économie aurait largement et durement été mise à l’arrêt. La gestion de crise se serait révélée davantage complexe, lourde et surtout trop lente pour réagir à l’évolution de la pandémie», indique l’association.

Si les préparatifs menaient bon train ces dernières années, les entreprises ont dû s’adapter en peu de temps. Une réalité que constate Yves Reding, vice-président d’ICT Luxembourg et CEO d’EBRC: «On pouvait observer des préparatifs déjà en 2009, mais ce n’est pas du tout la même chose. Il y a eu les bons et les mauvais élèves, ceux qui ont pu s’adapter en claquant des doigts, pour les autres cela a été un excellent exercice. De quelques jours à trois semaines, tout le monde a fini par s’y mettre».

Le secteur bancaire, de grosses machines avec beaucoup d’employés, se sont mises également en ordre de marche, et la crise a clairement fait bouger les lignes, observe Marc Hemmerling, secrétaire général d’ICT Luxembourg: «Les services des banques ont été exemplaires car elles ont cette culture de la continuité de service, et il y avait des enjeux d’infrastructures IT et de sécurité notamment. Le secteur est passé de 0% des employés en télétravail à 70% avec des procédures mises en place et qui sont encore appliquées aujourd’hui. Elles ont réussi à maintenir les services essentiels avec leurs employés à distance». L’économie a été sérieusement ralentie, mais les services essentiels ont dû être assurés: la distribution de l’eau, la santé, les flux financier, l’énergie, le transport et la logistique. Les entreprises ICT de support ont été critiques pour soutenir tous ces services. «La bascule a été très rapide, mais le secteur a bien résisté car il est robuste», estime Yves Reding.

Avec toutes ces avancées technologiques si rapide, le secteur ICT garde le cap et met la priorité sur la cybersécurité: «Le même niveau de sécurité a été maintenu durant la crise. Il y a eu par exemple 7 fois plus d’attaques enregistrées en France en deux mois, mais elles ont toutes été maîtrisées», indique Yves Reding.

Pour Marc Hemmerling, cette réussite est due à la maturité de la mise en place du digital, en particulier au Luxembourg. «Une cellule de crise a permis d’émettre un constat positif, nous n’avons pas eu de disruption technique ou des flux de données, les réseaux n’ont pas été perturbés», conclut-il.

ictluxembourg.lu