LUXEMBOURG
CATHERINE KURZAWA

Quelle croissance économique pour le futur? Cette question a animé la 12ème Journée de l’Economie

Le monde change, mais les nouveaux modèles pourront-ils générer des gains de productivité durable? Les participants à la 12ème Journée de l’Economie organisée par PwC Luxembourg ont échangé sur ce sujet tout au long de la journée d’hier à la Chambre de Commerce.

Parmi les orateurs du jour, le président de l’institut de recherche DIW Berlin Marcel Fratzscher a présenté ses perspectives mais aussi ses pistes pour mener à une croissance durable. «Il n’y a pas de raison de redouter un crash», a expliqué l’Allemand tout en admettant que la société connaît une phase de polarisation marquée qui n’est pas sans risques: le populisme, le protectionnisme et la paralysie qui s’inscrit dans une tendance d’aversion au changement sont des épées de Damoclès, selon ce professeur de macroéconomie et de finance à l’université Humboldt de Berlin.

Et même si l’Europe de l’Ouest affiche les prévisions de croissance les plus faibles du globe (+2%), les seuls risques probables sont le Brexit et le populisme. Pour le premier, «il n’y aura que des perdants», a assuré Marcel Fratzscher tout en tablant sur un coût économique moyen. Quant au populisme, l’incertitude règne sur son impact économique.

Des taux appelés à remonter, mais pas tant que ça

Le conférencier a par contre pointé un risque de crise lié à une crise de la dette provoquée par le secteur bancaire. La dette souveraine figure également parmi les éléments à tenir à l’œil selon Marcel Fratzscher, qui s’est aussi penché sur la question des taux d’intérêts.

«Nous ne verrons probablement pas de taux normaux de l’ordre de 5 à 6% comme par le passé dans les prochaines années, ils seront plutôt proches de 3%», a-t-il prévenu. Dans ce contexte, il a appelé ensemble avec treize autres économistes français et allemand à des réformes à l’échelle européenne. Leur idée? Réformer les institutions européennes, créer un fonds de réassurance, sécuriser la zone euro, renforcer les règles fiscales et en matière de non-sauvetage et enfin, briser le lien entre les banques et les dettes souveraines.

«C’est le bon moment pour prendre des actions et s’assurer une croissance durable», a appuyé le directeur de la Chambre de Commerce, Carlo Thelen. Il a pour sa part présenté sa liste des ingrédients pour mener à la croissance durable: la promotion des partenariats public-privé, d’une économie ouverte et du commerce libre, des start-up, l’éducation à la digitalisation ainsi que la qualification. Et au «partner» de PwC Luxembourg François Mousel de rassurer: «Croissance durable ne veut pas forcément dire croissance limitée».