LUXEMBOURG
AUDREY SOMNARD

Lee Franck a fondé son réseau de professionnels du bâtiment soucieux du développement durable, RealtyImpact

On la croise facilement dans les cafés du centre-ville, où elle a ses quartiers pour travailler sur un coin de table et organiser des réunions de travail informelles. De retour dans son pays natal après 14 ans de vie professionnelle à l’étranger, Lee Franck a du mal à reconnaître le Luxembourg. Ingénieure en structure de formation, elle a exercé son métier avec passion, notamment au Royaume-Uni où elle a travaillé sur l’extension de le Victoria & Albert Museum. «J’aimais être en charge du projet, mettre l’équipe ensemble, mais je crois que je n’avais pas la patience de gravir les échelons de la hiérarchie d’une grande société», estime la jeune femme.

Après un passage aux Etats-Unis, où après quelques années elle rate de peu la carte verte, elle est «contrainte» de retourner au pays pour repartir à zéro. Mais plutôt que de se morfondre, elle prend ce retour comme une nouvelle opportunité dans sa carrière. Depuis 2013, à travers plusieurs conférences, Lee Franck s’intéresse de plus en plus au développement durable, qui s’inscrit au cœur de son métier. «J’avais la volonté d’aller au-delà d’une simple structure, mais la suite naturelle pour moi était de créer ma propre société», raconte-t-elle.

«Le design et l’innovation dans mon ADN»

A New-York elle a l’occasion de travailler pour une PME d’une vingtaine de personnes, ce qui lui convient bien. «J’étais toujours ingénieure mais le projet était multi-disciplinaire, j’étais alors responsable d’une petite équipe». L’idée commence donc à germer, l’ingénieure veut démarrer sa propre affaire: «J’étais déterminée, mais les circonstances étaient plus chaotiques que je ne le pensais, puisque mon retour au Luxembourg a été précipité, mais je ne me suis pas laissée abattre», estime-t-elle. De retour en septembre dernier, elle s’établit dans un premier temps comme indépendante, pour pouvoir suivre des projets, avec toujours «le design et l’innovation dans mon ADN».

Puis en début d’année, c’est le déclic. Elle s’inscrit au programme du Founder Institute avec son projet, RealtyImpact, qui a pour ambition de «faire avancer l’industrie en regroupant les compétences». L’idée de la start-up était née: une plateforme pour différents métiers regroupés autour du développement durable. «J’ai observé que les différents métiers repoussent les limites de la technologie, mais il faut garder en parallèle la notion de durable, qui est plus tournée vers l’humain. Ce n’est pas quelque chose qui est généralement enseigné dans nos formations», explique l’entrepreneuse.

L’idée est donc de regrouper ces différents corps de métier qui ont ces valeurs à cœur, sur une plateforme ou un réseau accessible à des clients privés. “«C’est une sorte de  “one stop shop” qui fera un focus sur le durable et l’impact environnemental. Cela va du design, aux meubles, le “smart living” en général», explique la fondatrice. Et pour que cela rapporte aussi de l’argent, RealtyImpact compte se financer sur un système d’abonnement, plutôt que de commissions pour faire partie de la plateforme, surtout pour les prestataires.

Londres ou Berlin

Au départ, RealtyImpact fera ses marques dans une grande ville, comme Londres ou Berlin, «ce qui faciliterait les démarches des clients pour trouver des professionnels disponibles. Je n'exclue cependant pas le Luxembourg», note-t-elle.

Si sa structure est encore très récente, c’est le résultat d’une longue réflexion: «J’ai cherché pendant plusieurs mois, notamment pour ce qui est du développement de produit. J’ai une stagiaire en marketing et je peux m’appuyer sur l’aide précieuse de trois mentors qui ont l’expérience du développement d’une start-up comme la mienne». La première version de la plateforme devrait voir le jour au courant du mois de septembre ou octobre. Une aventure qui est pour cette première phase un véritable investissement: «Pour des raisons financières je garde encore une activité en tant qu’indépendante, environ la moitié de mon temps. Et puis j’ai un soutien familial important, ce qui aurait été impossible dans des villes comme Londres ou New York», explique-t-elle. Pour l’ingénieure, la priorité sera accordée au «positive impact» afin de pouvoir faire partie de ce réseau et «aller plus loin que juste demander l’expérience des fournisseurs», précise l’entrepreneuse qui souhaite que son réseau se base également sur le retour des utilisateurs.