MONS
CATHERINE KURZAWA

Une exposition d’envergure mondiale met à l’honneur l’artiste new-yorkais

Simple question: qui ne connaît pas la célèbre représentation de la boîte de soupe Campbell’s ou encore, la série de portraits de Marylin Monroe? Quand on pense à Andy Warhol, c’est surtout ces œuvres-là qui viennent à l’esprit du public. L’exposition «Andy Warhol, Life, Death and Beauty» propose de découvrir l’envers du décor, à savoir la démarche de l’artiste new-yorkais mais aussi, ses centres d’intérêts. Car s’il est réputé être un poète du consumérisme, Andy Warhol n’en n’était pas moins ultra-critique. À travers des vidéos et d’innombrables toiles, l’exposition montoise démontre cela à merveille. Dans les années 1970 et 1980, nombreux sont les vedettes ou businessmen fortunés à solliciter Warhol pour un portrait à 25.000 dollars. Pour l’artiste, c’est une manière de mécaniser la pratique artistique, il ne le cache pas. Pour ses clients, c’est un moyen d’arrêter le temps et de paraître beau. Car Warhol retouche les images, et se concentre sur certains détails tels que les yeux ou les lèvres.

La mort, cette hantise

Andy Warhol joue beaucoup de cela, mais sa démarche ne s’arrête pas là. La religion occupe une place importante pour lui, qui revisite «La Cène» à la sauce pop-art et cela, sous toutes les couleurs. L’artiste joue aussi beaucoup avec le crucifix et dans «Guns and Knives», la croix prend alors le symbole de rédemption. La mort occupe également une place de choix dans son œuvre, tant elle a hanté l’artiste tout au long de sa vie. Le décès de son père, d’abord, mais aussi l’omniprésence de la mort dans les médias, chez ses proches, le virus du sida qui prend de l’ampleur et puis, la tentative d’attentat dont il est victime, en 1968. Au cours de l’exposition, on peut voir une photo de Warhol qui réalise l’un de ses rêves en rencontrant le Pape Jean-Paul II. Mais au milieu de cette foule sur la place Saint-Pierre, il reconnaît être paniqué, face à une possible tentative d’assassinat.

Interactivité au programme

Ce rendez-vous culturel d’envergure marque la réouverture du musée montois le BAM, après des mois de travaux. Clairement, l’exposition d’Andy Warhol est l’occasion de tester l’infrastructure, à la veille du lancement de «Mons 2015, Capitale européenne de la culture». L’évènement veut à tout prix se positionner grand public, et l’exposition le démontre à merveille. Outre des toiles et des extraits de films de et avec l’artiste, les visiteurs peuvent découvrir l’installation originale «Silver Clouds», où ils sont invités à pousser doucement des nuages qui voguent au gré de l’air soufflé par les nombreux ventilateurs présents dans la salle. À la fin de la visite, le PopMaton permet à chacun de conserver une trace de son passage à l’exposition, avec une touche «pop art». Seul regret: les explications ne sont données qu’en français ou en néerlandais. Dommage, quand on sait que la cité wallonne veut rayonner au-delà des frontières belges.
www.bam.mons.be
Jusqu’au 19 janvier 2014 au BAM, rue Neuve à Mons (BE).