PHILIPPE LEDENT

Si l’on s’en tient à l’analyse des indicateurs économiques, un constat s’impose: l’économie mondiale se porte mieux. Les perspectives économiques restent par ailleurs fondamentalement constructives, même s’il faut les accompagner de certaines nuances et incertitudes. La zone euro illustre parfaitement cette situation: après une double récession et une reprise qui a tardé à se confirmer, celle-ci semble enfin prendre racine. En même temps, la zone euro semble toujours à la croisée des chemins sur le plan politique: alors que certains prônent de nouvelles initiatives pour compléter la construction de l’union monétaire, d’autres préfèrent le repli sur soi. 

Sur le plan économique, la zone euro offre probablement un potentiel intéressant: au-delà des chiffres de croissance, d’autres éléments sont assurément positifs. D’une part, la reprise ne se limite plus à l’Allemagne et à quelques autres pays (dont le Luxembourg). Au contraire, elle est de plus en plus diffusée: certains pays tels que l’Espagne ou le Portugal retrouvent également le chemin de la croissance. D’autre part, la reprise n’est pas le fait d’un choc externe à la zone euro, qui crée ponctuellement de l’activité mais provient de la demande intérieure, c’est-à-dire de la consommation des ménages et des investissements des entreprises. La meilleure santé du marché du travail, illustrée par un taux de chômage en baisse, participe bien entendu à cette amélioration venue de l’intérieur, en soutenant le revenu des ménages. 

Par conséquent, le secteur de la construction, qui a connu une récession de huit années consécutives en zone euro, sort enfin la tête hors de l’eau et devrait contribuer à la croissance de l’activité. Le secteur industriel devrait de son côté poursuivre ses efforts d’investissements dans la mesure où les capacités existantes sont de plus en plus utilisées. Le potentiel est donc bien présent, d’autant plus que la confiance tant des ménages que des entreprises atteint des niveaux élevés. 

Cela ne veut pas dire pour autant que la reprise soit résistante à toute épreuve. Or, les incertitudes, notamment politiques, restent nombreuses. Tout d’abord, les négociations difficiles sur le Brexit qui devraient commencer cet été pourraient entamer le moral des entreprises et leur dynamique d’investissements, compte tenu des liens étroits entre certains pays de la zone euro et le Royaume-Uni. De plus, même si des échéances électorales cruciales sont derrière nous et n’ont pas donné lieu à de nouvelles surprises, d’autres étapes importantes attendent la zone euro. En particulier, les élections législatives en France prévues dans un mois et de probables élections législatives en Italie au début de l’année 2018 devront être surveillées de près. Dans ces deux élections, les eurosceptiques pourraient jouer un rôle important bien que le risque nous apparaisse plus grand en Italie qu’en France. Une victoire de ce camp altèrerait forcément l’union monétaire et les perspectives économiques la concernant. 

En conclusion, la zone euro offre un potentiel de croissance vraiment intéressant, non seulement sur le plan économique, mais aussi sur les marchés financiers. Toutefois, la matérialisation d’une reprise durable reste liée aux hypothèses que les échéances électorales ne présentent pas de nouvelle surprise et que les négociations sur le Brexit se fassent de manière coopérative, ce qui, il faut l’avouer, ne sera pas évident.

À PROPOS D’ING LUXEMBOURG

ING Luxembourg, une banque universelle

ING Luxembourg est présente sur trois axes majeurs: le réseau local ou «retail banking», la banque privée et la banque de l’entreprise. Au terme du premier trimestre de 2017, la banque de détail revendiquait  100.000 clients. Au total, 800 personnes travaillent pour ING Luxembourg, dont le siège central se trouve désormais (depuis fin avril 2017) sur la Place de la Gare à Luxembourg Ville. ING Luxembourg a vu le jour en 2003, suite à la fusion du Crédit Européen et d’ING Bank (Luxembourg), deux entités appartenant à l’époque au groupe ING ou «Internationale Nederlanden Group». Ce groupe international, basé aux Pays-Bas, compte des filiales dans 40 pays du globe au service de 35 millions de clients. Au total, ING compte 52.000 collaborateurs dans le monde.